Sasha (Steven Seagal) est
enfermé dans la prison d'Alcatraz avec son ami Nick (Ja Rule). Un
prisonnier doit y être exécuté. Il s'agit de Lester (Bruce Weitz) qui a
dérobé, dix sept ans plus tôt, deux cents millions de dollars en
lingots d'or et n'a jamais voulu révéler leur cachette. Mais un
commando débarque sur l'île, bien décidé à lui faire cracher le
morceau...
Les critiques sont tout de même bien durs avec ce pauvre Steven Seagal.
Il est indispensable de voir les choses du bon côté et de prendre
conscience des louables efforts qu'il accomplit. D'une part,
l'embonpoint le gagnant, il a beaucoup de mérite de rempiler dans les
films d'action, qui demandent une forme olympique. Après tout, il
pourrait se contenter de rôles olympiens, reposants, passifs, du genre
responsable d'une lamaserie tibétaine. D'autre part, son esprit a
manifestement réussi à contrôler ses pulsions : il ne
fracasse ici aucun membre, ne manifeste plus aucun sadisme, et pousse
même la modestie jusqu'à endosser un bleu de travail et un fichu, ce
qui le rend tout à fait croquignolet. On lui a même attribué un nouveau
doublage avec une voix grinçante totalement ridicule. C'est
dire si les temps sont difficiles et pourtant il supporte vaillamment
ces épreuves ! Qui plus est, cerise sur le gâteau, il a
droit, de la part du réalisateur-scénariste, à une minute de
discussion métaphysique avec le condamné, ce qui le prépare,
je pense, à l'incarnation ultérieure de personnages éminemment
spirituels. Pour le moment, c'est vrai, il figure encore dans une chose
qui porte le nom de film, avec une vague histoire dont on entrevoit
quelques bribes au milieu de 12 533 472 coups de feu, d'une bande son
assommante qui se déclenche à la moindre castagne et d'effets
directement pompés dans "Matrix". Mais ce n'est que provisoire,
certainement...
Usant !