Luke Graham (Don Cheadle) fête avec ses amis Jim
McConnell (Gary Sinise), Woodrow "Woody" Blake (Tim Robbins) et sa
femme Terry Fisher (Connie Nielsen) son imminent départ pour une
mission martienne. Quelques mois plus tard, les astronautes ont
débarqué sur la planète rouge. Ils observent un étrange mont et s'en
approchent pour l'analyser. Mais à peine leur radar a-t-il été mis en
service qu'un étrange phénomène se déclenche et aspire trois des
membres de l'équipage. Luke réussit à faire parvenir un fragment de
message à la terre. Woody réussit à persuader le directeur des vols
spatiaux, Ramier Beck (Armin Mueller Stahl) de l'envoyer en compagnie
de sa femme, de Jim et de Phil Ohlmyer (Jerry O'Connell) en mission de
secours...
Pour sa première incursion dans le film de science-fiction, Brian de
Palma s'est fortement inspiré d'"Abyss", de "2001
odyssée de l'espace",
de "Contact" et "Stargate". Du premier il a puisé le message
d'universalité de l'amour créateur ; du second l'aura de mystère qui
entoure un objet cosmique inconnu ; des troisième et quatrième le
voyage intergalactique. Evidemment, il est tout à fait possible de
regretter la résolution de l'énigme, conservée à l'état brut par
Kubrick, pour foncer tête baissée dans une explication rationnelle
pseudo-scientifique. C'est un point de vue tout à fait légitime. Les
spectateurs s'interrogeront encore pendant des décennies sur la
signification du symbole kubrickien et cela entretient l'estime dans
laquelle beaucoup enveloppent l'auteur de "Shining".
Pour ma part, à l'inverse de maints commentateurs, je ne considère pas
du tout comme ridicules les trente dernières minutes du film de Brian
de Palma. Elles arrivent, certes, après une heure et demie de
descriptions minutieuses d'un vol spatial, supervisées par divers
spécialistes de la NASA, et font basculer brutalement le spectateur
dans un autre monde. Celui de l'imaginaire, du supposé, de l'utopie. En
quoi cela est-il méprisable ou risible ? Que savons-nous de l'irruption
de la première cellule, sur terre, il y a plusieurs centaines de
millions d'années ? Que savons-nous de la vie qui, fort probablement,
existe sous des formes diverses, sur des milliers de planètes, à
travers les millions de galaxies qui nous entourent ? Que
connaissons-nous de l'univers à des milliers d'années-lumière, lorsque
nous ne savons même pas ce qui se trouve à quelques dizaines de
kilomètres sous nos pieds ? Pourquoi se gausser de cet être magique,
spirituellement évolué, lorsque nous ne voyons aucun ridicule dans la
grosse bébête grotesque, aux dents longues et à la bave dégoulinante,
d'"Alien" ?
Le scénario n'est pas original ? Peut-être. Certains raccourcis
scénaristiques choquent ? Sans doute. Mais Brian de Palma nous offre un
merveilleux voyage aux confins du rêve et du possible, avec quelques
moments inoubliables : l'émotion dans la séparation de Terry et de
Woody, la beauté dans cette vision des astronautes au coeur du système
solaire, la poésie dans la danse en apesanteur... Un bien beau cadeau !