Raymond Addison (Louis Gossett Jr.) a jadis été chargé par le
gouvernement de développer le projet "Momentum". Il
s'agissait de former, pour la défense du pays, des personnes douées
de télékinésie. Aujourd'hui, vieilli, il poursuit chacun de ses
anciennes recrues, afin déliminer la moindre trace de ceux qu'il
considère comme un danger pour l'état. Sa cible principale est
Adrian Geiger (Michael Massee), responsable, avec ses acolytes dotés
du même pouvoir que lui, de plusieurs hold-up. L'idéal serait
d'infiltrer la bande. Il prend contact avec Zachary
Shefford (Grayson McCouch), jeune professeur de physique, lui aussi
doté don de télékinésie...
Si
le film était sorti cinq ans plus tôt, il aurait été possible de
le voir comme un sympathique brouillon de "X-Men".
Mais, sorti trois ans plus tard, et la même année que le chef
d'oeuvre "X-Men 2", il est bien
difficile de voir en lui autre chose qu'une utilisation du mythe, sans
envergure, ni moyens. Le scénario est celui de n'importe quel film
policier banal, le suspense est réduit à un squelette, et le
dénouement, aussi fade qu'abrupt, paraît survenir, faute de budget
pour élaborer un final digne de ce nom. Le mythe de l'être
différent, vomi, broyé par la société, tel le "Frankenstein"
de Mary Shelley, peut se révéler passionnant. C'est le cas dans le
deuxième opus de Bryan Singer, par exemple. Il permet de déclencher
un abîme de réflexions sur nombre de domaines, tant physiques que
psychologiques ou spirituels. Dans le cas présent, les
considérations demeurent au ras du bitume, assurant le minimum
supportable pour un téléfilm du soir. Même les rares effets
spéciaux respirent le fond de tiroir informatique.Il n'y a guère que
le charme magique de Teri Hatcher, et le magnétisme vénéneux de
Louis Gossett Jr., pour nous extirper des ornières de la routine...