Thèbes sous le règne de Seti 1er. Le
chef des grands prêtres, Imhotep (Arnold Vosloo), coupable d'avoir
entretenu une liaison avec la femme de Pharaon, Anck Su Namun (Patricia
Velasquez), est condamné à être enfermé vivant dans la citadelle des
morts, Hamunaptra, qui abrite également le trésor de l'Egypte. Trois
mille ans ont passé. En 1926, une jeune Egyptologue, Evelyn Carnahan
(Rachel Weisz) apprend que son frère Jonathan (John Hannah) a
rencontré un prisonnier, Richard 'Rick' O'Connell (Brendan Fraser),
prétendant avoir vu la citadelle, considérée par beaucoup comme un
mythe. Elle achète sa libération et entreprend une expédition sur les
lieux. Mais, d'une part, ils ne sont pas seuls dans cette quête,
d'autre part ils prennent la fâcheuse initiative d'ouvrir le sarcophage
où était enfermé Imhotep, libérant ainsi un mort vivant assoiffé de
vengeance...
On n'en finirait pas d'inventorier les multiples inspirations ou
emprunts piochés dans d'illustres oeuvres antérieures, de "la
Terre des Pharaons" (1955) à la
trilogie des I. Jones, particulièrement "les Aventuriers de
l'Arche perdue" (1981), en passant par "Les 10
commandements" (1956). Certains passages, mouvements des
personnages, semblent même une photocopie des films de Spielberg. Cela
dit, Stephen Sommers aurait pu choisir de plus mauvais modèles !
Si l'on fait abstraction de ce pompage systématique, il faut
reconnaître que l'histoire tient assez bien la route, même si elle ne
révolutionne pas le genre. Pour ce qui est du traitement
cinématographique, c'est évidemment fonction des goûts de chacun.
L'ensemble est très nettement orienté : grosse farce et grand guignol.
Les adeptes du sérieux et du vraisemblable repasseront. En cela, le
réalisateur emprunte la voie choisie par Spielberg, mais demeure tout
de même en-dessous du maître dans tous les compartiments. L'humour est
parfois laborieux. Les personnages , pour attachants qu'ils soient,
n'atteignent jamais le charme de leurs modèles. Brendan Fraser, auquel
on n'a tout de même pas osé attribuer un fouet, ne démérite pas et
compose un assez bon type d'aventurier, mais il est loin de posséder
l'aura d'Harrison Ford. Rachel Weisz est charmante, mais n'a pas le
charisme de la Marion Ravenwood de Karen Allen tout en étant aussi
vraisemblable en Egyptologue que Alain Chabat le serait en Dalaï Lama.
Finalement, c'est le Jonathan de John Hannah, archétype du trouillard
prétentieux pince sans rire, chargé de distiller l'humour dans
l'aventure, qui tire le mieux son épingle du jeu.
Les décors ne manquent pas de grandeur. Les trucages ont été
soignés. Quelques passages, en particulier le mur de sable vivant,
possèdent une beauté singulière. Il n'en reste pas moins que,
globalement, l'œuvre et la pseudo épouvante qu'elle est censée
générer, ne s'élèvent que bien rarement au-dessus d'une séance
hilarante de "château hanté" à la Foire du Trône.