Greg Focker (Ben Stiller)
connaît Pam Byrnes (Teri Polo) depuis bientôt deux ans. Ayant
été tant bien que mal accepté par son éventuel futur beau-père,
Jack (Robert DeNiro), il est désormais question de mariage. Mais une
dernière épreuve initiatique reste à franchir : la confrontation de
la famille Byrnes avec les parents de Greg. Or ceux-ci sont pour le
moins originaux. La mère, Roz (Barbra Streisand) est sexologue
spécialisée dans le troisième âge, tandis que le père, Bernie
(Dustin Hoffman), ne songe qu'à sauter sur son épouse ! Néanmoins,
courageusement, les Byrnes entreprennent le voyage. Non sans prendre un
minimum de précautions pour la survie. A savoir un car somptueusement
aménagé, et soigneusement blindé pour parer à toute éventualité.
Le neveu de Greg, "Little Jack" (Bradley Pickren) est bien
évidemment du voyage, puisque son grand-père, muni de faux seins
moulés sur ceux de sa fille absente, donne régulièrement à téter au
bambin...
La seule lecture de ce résumé donne bien sûr le ton : nous sommes
dans le délire jouissif de situations hautement improbables, à la
subtilité très fluctuante, mais servies par des acteurs dont le
cabotinage débridé finit par dérouiller les zygomatiques. De
Niro grimace à qui mieux mieux dans une caricature qui rappelle
grandement "Mafia blues" ;
Dustin Hoffman jubile en adepte de la capoeira et de l'éducation
libertaire façon soixante-huitarde ; Barbra Streisand se déchaîne et
ne songe qu'à débloquer ce cul pincé de Jack... C'est assez drôle...
un moment. Mais lorsque le scénario doit triturer dans tous les sens
les ingrédients de base pour tenir quatre vingt dix minutes, il y a
forcément pas mal de déchets. Certaines séquences tirent en longueur
(Greg en baby-sitter de Petit Jack), d'autres ne sont pas franchement
drôles, certaines sont véritablement laborieuses, et une bonne
volonté certaine est indispensable pour suivre jusqu'au bout les
démêlés des "Furniker" et des Byrnes. Certes, Jay Roach ne
tombe pas dans le graveleux de bas étage (bien qu'il s'en approche
parfois dangereusement), ce qui est un point positif, mais la mécanique
a le défaut de s'enrayer souvent, malgré les efforts (excessifs) des
têtes d'affiche qui donnent parfois l'impression de pédaler en roue
libre sans se soucier le moins du monde d'un scénario prétexte. A la
sortie, on frise même le mal de crâne, tant l'accumulation de gags ou
d'agitations partant dans tous les sens finit par provoquer une
hyperexcitation des sens. Quant à Ben Stiller, j'avoue toujours ne pas
comprendre l'engouement qu'il suscite en tant qu'acteur prétendu
comique...