François Coste (Daniel Auteuil) est marchand d'art. Il
possède d'innombrables contacts professionnels, mais, comme le lui fait
remarquer au cours d'un dîner relationnel son associée, Catherine
(Julie Gayet), pas de véritable ami. Offusqué et stupéfait de cette
affirmation, François parie un vase grec qu'il vient d'acquérir contre
la présentation, sous dix jours, de son "meilleur ami". Le seul
problème réside dans la découverte de cet oiseau rare. François se rend
vite compte que tous ceux qu'il côtoyait dans son métier, non seulement
ne sont pas ses amis, mais même le méprisent copieusement. Les
relations ne sont pas davantages riches avec sa fille Louise (Julie
Durand). Un jour, François fait la connaissance d'un chauffeur de taxi
passionné par la culture générale, Bruno Bouley (Dany Boon)...
Une gentille petite fable et une réflexion sympathique encore
que très basique sur le sens du mot "amitié" et sur les qualités qui
caractérisent les véritables amis. Illustrant la célèbre scène du
renard dans le "Petit Prince", François va progressivement découvrir la
réalité des relations que, jusqu'alors, il avait habillées d'une
intimité illusoire, fendre la carapace d'égoïsme dont il s'était revêtu
à son insu, et entrevoir la lumière chaleureuse que véhicule
l'ouverture aux autres. Sans jamais forcer le trait, le scénario offre
à Daniel Auteuil et à Dany Boon un écrin de tout repos pour explorer,
avec une louable économie de moyens, les différentes étapes d'un
apprentissage laborieux. Mais cette sobriété a son revers, et finit par
donner l'impression que l'énergie tant narrative qu'analytique se dilue
dans une fadeur rassurante et consensuelle. Vu a posteriori, l'ensemble
apparaît alors étrangement tiède, ne générant pas plus de troubles
émotionnels véritables que d'éclats de rire francs. C'est agréable,
sagement habité par les deux têtes d'affiche, mais tout à fait
inoffensif.