Jason Bourne (Matt Damon),
file (pour quelques secondes encore !), des jours heureux à Goa, en
Inde, avec sa compagne Marie (Franka Potente). Enfin, presque heureux,
puisqu'il est périodiquement sujet à de violentes migraines et à des
flashes traumatisants dont il prend note
consciencieusement. Pendant ce temps, à Berlin, la CIA compte
récupérer un dossier top secret concernant la mort mystérieuse,
quelques années plus tôt, d'un richissime russe, Neski.
Malheureusement, l'agent occidental et son informateur sont
assassinés. Et, comble de malchance, l'empreinte de Jason est relevée
sur les lieux. Il devient donc l'ennemi public numéro 1 et se voit
activement recherché par Pamela Landy (Joan Allen), en charge du
dossier. Mais il est également la cible d'un tueur mystérieux à la
solde d'un magnat russe du pétrole...
Ouf... Ce n'est que le début ! Après sa quête d'identité, passionnante,
qui faisait le prix de l'épisode précédent, "La mémoire dans la peau", Jason reprend donc du
service, si l'on peut dire, puisque le malheureux ne souhaite que la
paix et que de vilains pas beaux lui font moult misères. Et, le moins
qu'on puisse dire, c'est qu'il ne chômera pas durant ces cent minutes
!
S'agissait-il d'un jour "sans", toujours est-il que cette suite m'a
surtout interpellé sur le plan des records à battre. Ils sont
d'ailleurs nombreux, et chacun pourra juger, en fonction de ses
connaissances filmiques, s'ils sont battus ici ou non :
* Celui du nombre de plans. Si l'on excepte quelques minutes au début
et à la fin, pas un ne doit excéder cinq secondes, la moyenne générale
devant avoisiner la demi-seconde. Le temps d'apercevoir un bout de tôle
ou un pneu.
* Celui du rapport : nombre de lieux / minutes de film. Là aussi, c'est
assez impressionnant : dans les 15 premières minutes, on passe
successivement à Goa, Berlin, en Virginie, à Londres, à Naples, à
Amsterdam, à Munich (j'en oublie peut-être un ou deux...).
* Celui de la poursuite la plus "speedée" des 4367 qui ont précédé. Là,
ce sera dur, mais pourquoi pas ! Il faut dire que les séquences ont été
probablement tronçonnées par un parkinsonien, ce qui fait que l'on n'a
pas le loisir de distinguer beaucoup d'éléments. Il est impératif que
l'œil humain évolue rapidement, car, au rythme où vont les
réalisateurs, on ne percevra bientôt plus rien du tout !
* Celui de l'agitation frénétique. Il ne doit pas en être bien loin (du
record). Même le délirant "XXX" savait ménager, dans la
seconde moitié, quelques oasis de calme.
Une autre question s'est posée à ma réflexion, un peu dérangée par tant
de fureur : était-il vraiment indispensable de pondre une suite à
l'intrigue aussi convenue ? J'ai eu l'impression d'avoir visualisé cent
fois cette histoire de coup monté qui sent le réchauffé micro-onde à
plein nez ? La réponse est sans doute : "oui", puisque nombre de
commentaires ont été élogieux. Peut-être n'ai-je pas perçu toutes les
finesses de l'histoire. Décidément, l'âge doit y être pour quelque
chose...
Certains y ont vu un intérêt porté au récit et aux personnages. Il est
vrai que le seul point positif, la seule note humaine dans ce charivari
permanent, réside dans la confrontation, à distance, Jason-Pamela. Matt
Damon, qui affiche une apparence "monsieur tout le monde" sympathique,
apporte un peu de chaleur humaine à cette grosse machinerie bruyante.
Pour ce qui est du moins enthousiasmant, la manie des gros plans, la
musique assourdissante qui souligne lourdement chacune des nombreuses
scènes haletantes, les raccourcis scénaristiques parfois proches du
ridicule ou du bâclé, achèvent de rendre cette oeuvre
saoulante et oubliable dès que le mot fin est apparu.
> Le film sur IMDB.com