1985. Deux jeunes alpinistes, Joe Simpson (Brendan Mackey) et Simon
Yates (Nicholas Aaron) décident d'entreprendre l'escalade d'une
montagne du Pérou, le "Siula grande", par la face ouest, jusque là
invaincue. Le sommet culmine à "seulement" 6356 m, mais les conditions
très particulières du lieu rendent l'expédition particulièrement
dangereuse. Tout se déroule "relativement" bien jusqu'au sommet. Lors
de la descente, Joe se brise une jambe. Son compagnon tente de le
descendre progressivement avec une corde, mais le blessé bascule dans
le vide et Simon se voit contraint de couper la corde...
Le film, totalement autobiographique, puisque fondé sur le livre
de Joe Simpson lui-même, joue à fond la carte du réalisme et de
l'authentique. Le suspense lui-même est absent, les deux rescapés de
l'aventure commentant eux-mêmes les images reconstituées avec un grand
réalisme. Le choix de ce procédé narratif ( les visions de la tragédie
quotidienne des alpinistes, régulièrement entrecoupées de plans fixes
où l'on voir Joe et Simon raconter leurs souffrances physiques et
mentales ) pourrait provoquer une perte d'intensité dans le récit. Ce
n'est pas le cas, tant le spectateur, assis confortablement dans son
fauteuil, est subjugué par la puissance phénoménale, corporelle et
psychologique, qui, en temps normal, dort au fond de nous et, dans des
conditions extrêmes, est capable d'exploits inimaginables. Au
point de provoquer, comme l'explique Joe, l'apparition d'un autre
"moi", susceptible, lorsque le conscient est au bord de l'abandon et de
la faillite, de dicter au corps les mouvements à effectuer, les buts à
atteindre, afin que la survie puisse se manifester. Et que penser de la
conclusion de cette épopée qui aurait mis à genoux le plus vaillant, à
savoir qu'après six opérations et deux ans de rééducation, Joe a repris
ses ascensions ?... Stupéfiant !...