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MOTS
POUR MAUX
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Poème inspiré du
film : " Ridicule " de Patrice Leconte
Avertissement : il peut être
préférable d'avoir vu le film avant de lire le poème...
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Mourir l'épée en main, pour une vile offense,
Une épouse séduite, un
jet de gant rageur,
Ne peut être taxé de
folle extravagance,
Pour tout aristocrate,
épris de son honneur.
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Mourir pour un bon mot,
voilà qui interpelle !
Excite l'intérêt que
nous, pauvres simplets,
Avons pour ces esprits,
qui sèment à la pelle,
Les jeux de mots,
qu'ils soient vifs, spirituels ou laids.
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Pour qu’un premier
regard consente à s’abaisser,
Du divin piédestal où
trône le Soleil,
Sur l’humble
quémandeur, livide et terrassé,
Il est bon d’insinuer
quelques précieux conseils.
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Dès l’abord présentez aux
divers subalternes,
Quatre siècles sans
faille d’aristocratie.
La plus infime tache,
ou quelque blason terne,
Vous voilà, d’un coup
sec, répudié sans merci !
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Dans la sombre
hypothèse où ne sont pas fournis,
Les actes de naissances
des nobles aïeux,
Il est recommandé de
passer par le lit,
D’une Dame de cour, à
l’esprit malicieux.
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Lorsque sera franchi
cet épineux écueil,
Vous pouvez présenter
aux divers Ministères,
Votre mine modeste,
ainsi que le recueil,
Des diverses requêtes
ou menues prières.
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Comble du privilège,
vous serez aussi,
Admis dans le cénacle
des brillants génies.
Pour être sans épées,
les duels y sont épiques,
Mais avec jeux de mots
ou saillies drolatiques !
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Le plus redoutable
bretteur,
Fine et impitoyable
lame,
Est un abbé, rude
orateur,
Fort affectionné par
ces Dames.
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Il vous démontre avec
l’aisance,
D’un mathématicien en
transe,
Que Dieu existe
absolument,
N’en déplaise aux vils
mécréants.
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Certes le diable a de
l’esprit,
De fort cinglantes
réparties,
Dont il larde, à
plaisir, les fragiles cervelles.
Pourtant il triche avec
toupet,
Dans l’épreuve des
bouts rimés,
Ornant de fins papiers,
l’éventail de sa belle !
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Si d’aventure vos
répliques,
N’agréent pas le digne
prélat,
Remballez donc votre
supplique,
Pendez-vous sans en
faire un plat !
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Dans l’éventualité
douteuse,
Où vous échapperiez
vivant,
De cette arène
vénéneuse,
Vous attend l’examen
suivant.
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Prenez garde au choix
périlleux,
Du sujet que vous
soumettez !
Sans hésitation,
bannissez
Tout ce qui sent de
loin le gueux !
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Sachez que les
aristocrates
Sont de constitution
fragile.
Une évocation
malhabile,
Et leur emportement
éclate !
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Exilez de leur
audition,
Tous les drames ou
catastrophes,
Les maladies,
désolations,
Même rimées en fines
strophes !
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Apprenez que le
courtisan,
Possède un vulnérable
nez,
Et que le propre du
manant,
Est de toujours sentir
mauvais !
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Ne soumettez à leur
grandeur,
Que supplications
odorantes,
Soyez l’humble
solliciteur,
De revendications
plaisantes,
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Et, dans le fol
emportement,
De votre spirituel
discours,
Chassez inexorablement,
Ce qu’abhorre toute la
Cour :
Le plus méprisable
excrément :
Un déshonorant
calembour…
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04/12/2004
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