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" Music  Box ",      1989,

de : Costa  Gavras, 

avec : Jessica Lange, Armin Mueller Stahl, Frédéric Forrest, Donald Moffat, Lukas Haas,

Musique : Philippe Sarde

*******

    

      Mike Laszlo (Armin Mueller Staehl) est un Hongrois qui a émigré aux Etats-Unis à la fin de la seconde guerre mondiale. Sa fille, Ann (Jessica Lange) est devenue une brillante avocate. Un jour, Mike reçoit un courrier gouvernemental l'informant qu'il est accusé d'avoir menti pour obtenir sa carte de résident, quarante ans plus tôt et, ce qui est plus grave, de crimes de guerre commis dans son pays à la fin de 1944. Sa fille accepte de le défendre, persuadée qu'il s'agit d'une erreur de nom. Mais, petit à petit, de multiples témoignages commencent à ébranler sa certitude...

    Treize ans avant "Amen", Costa-Gavras abordait déjà les atrocités nazies, mais d'une manière radicalement différente. Dans son dernier film, si le point de départ est le drame intérieur vécu par Kurt Gerstein, il se dilue rapidement dans l'or des salons du Vatican, les démarches en haut lieu, le maniement de la langue de bois entre dignitaires puissants. De ce fait, il vire, malheureusement, à l'abstraction. Dans "Music box", le spectateur est directement plongé au coeur du drame individuel d'une famille qui pourrait être la nôtre. La souffrance de cette jeune femme, toute emplie de confiance et d'admiration envers ce père idéal qui s'est sacrifié pour élever seul ses deux enfants, et qui découvre soudain, au fond de son être, le spectre du doute, entre facilement en résonance avec nos propres questionnements, sentiments, envers nos parents. Elle est l'illustration du fait, horrible, mais humain, que nous sommes toujours plus sensibles à la mort (qu'elle soit réelle ou symbolique) d'un être proche, qu'à celle de millions de personnes inconnues.  

    Costa-Gavras a choisi, délibérément sans doute, la voie d'une sobriété totale. Il a écarté de toutes les scènes du procès, des dépositions abominables des survivants, toute extériorisation émotionnelle excessive, toute manifestation théâtrale, et l'ensemble de l'oeuvre, si l'on excepte la scène finale, baigne dans une certaine froideur qui peut surprendre au départ, mais se révèle, au bout du compte, digne et opportune. Armin Mueller Staehl et Jessica Lange sont en adéquation parfaite avec ce choix du réalisateur, qui, par son objectivité distanciée, laisse au spectateur le choix d'observer les faits de l'extérieur ou de plonger avec Ann dans le drame bouleversant de la "mort" du père.

Bernard  Sellier               

 

 

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