Le
jeune Pedro (Joao Arrais) n'a jamais connu ses parents. Il reçoit un
jour, dans son école, la visite d'une mystérieuse Comtesse qui
l'appelle son fils. Un peu plus tard, le Père Dinis (Adriano Luz)
accepte de lui révéler une partie de la vérité sur sa naissance. Sa
mère, Angela de Lima (Maria Joao Bastos), est prisonnière du Comte de
Santa Barbara (Albano Jeronimo), l'époux que son père, le Marquis de
Montezelos (Rui Morrison), lui a imposé. Angela était enceinte de
l'homme qu'elle aimait, Pedro da Silva (Joao Baptista), lorsque son
père avait arrangé son mariage avec l'homme riche qu'il avait choisi
pour elle...
Si l'on retrouve avec plaisir le système d'histoires
à tiroirs qu'affectionnaient particulièrement les auteurs des
dix-huitième et dix-neuvième siècles ("Les aventures du Chevalier de
Faublas", L'histoire d'une Grecque moderne", "les Mémoires du
Diable", "Le Juif errant"...), ce plaisir est plus que tempéré lors de
la vision des
premiers épisodes. Sont-ce les soixante dix printemps du réalisateur
qui en sont la cause, toujours est-il que la mise en scène paraît bien
languissante, tandis que certains dialogues et doublages semblent peu
naturels, voire maladroits. Cette narration empesée ne permet pas à
l'émotion de jaillir comme elle le devrait des multiples drames qui
jalonnent la vie des principaux personnages. Et, malheureusement, la
suite confirme cette tendance. La reconstitution d'époque est soignée,
convaincante. Mais, malgré la présence de personnages qui tissent un
lien entre les différentes narrations (le père Dinis, Alberto
de Magalhães...), les imbrications entre les divers drames sont bien
trop distendues pour que le spectateur éprouve un autre sentiment que
la curiosité de savoir où tout cela va mener. Curiosité d'ailleurs elle
aussi bien émoussée, car certaines séquences sont étirées au-delà du
raisonnable (surtout dans le cinquième épisode, particulièrement
poussif !). Les multiples personnages (femmes désirables, amants
passionnés, maris jaloux...) finissent, au bout du compte, par
tous se ressembler, et ce ne sont pas les événements, assez répétitifs,
ainsi qu'un dénouement terne, qui permettent de faire jaillir les pics d'enthousiasme attendus.
Vraiment dommage, surtout lorsqu'on garde le
souvenir, peut-être enjolivé, des péripéties envoûtantes qui
jalonnaient les livres cités ci-dessus... Un tout petit 4 étoiles !
Film sur
IMDB.com