Dean Corso (Johnny Depp) est un expert en
livres rares et en escroquerie. Il est contacté un jour par le célèbre
collectionneur Boris Balkan (Frank Langella). Celui-ci, passionné de
démonologie, possède un livre très rare "les 9 portes du royaume des
ombres", dont trois exemplaires seulement existent au monde. Il charge
Corso de se rendre au Portugal et à Paris, et d'examiner les
deux autres volumes. Il serait en effet possible que seul l'un des
trois exemplaires soit authentique. Mais lequel ? Malgré les dangers
qui s'accumulent, Corso accepte. Il fait la connaissance d'une étrange
jeune femme aux yeux verts (Emmanuelle Seigner) qui semble le suivre.
Rapidement, il se rend compte que les trois volumes se complètent...
Si, à l'extrême rigueur, le film peut faire illusion à la première
vision, grâce à un sujet sulfureux, à une quête vaguement ésotérique,
et à quelques personnages énigmatiques, il n'en est pas de même à la
seconde. Le château de cartes s'écroule rapidement. L'oeuvre souffre en
fait de multiples carences rédhibitoires. Oscillant sans cesse entre
pseudo-sérieux et parodie simpliste, le traitement de l'histoire ne
trouve jamais ses marques. On a droit à une alternance de moments qui
se veulent tragiques tout en ne l'étant jamais (on est bien loin de "Rosemary's baby" !), et
à des séquences proches de Tintin (les deux frères imprimeurs qui
semblent la réplique des Dupont et Dupond), dont l'impact humoristique
ne décolle pas. Comble de malchance, outre un manque total de
crédibilité minimale de l'histoire, l'accumulation de péripéties aussi
gratuites qu'incongrues semble bien plus destinée à combler les
carences du scénario qu'à construire un véritable puzzle signifiant.
Certaines actions sont tellement aberrantes, que le spectateur le moins
exigeant ne peut que décrocher. Même le personnage incarné par
Emmanuelle Seignier, qui, en de rares plans, se montre inquiétant et
vénéneux, oriente en fait l'ensemble vers une historiette inoffensive
et non vers le drame occulte que l'on aurait pu attendre. Mais,
reconnaissons-le, cela vient avant tout du choix scénaristique de
l'auteur. Il est intéressant de comparer ce film à "Angel Heart". Les deux
trames suivent en effet un cheminement parallèle, conduisant un héros
déjà originellement grisâtre, vers le "côté obscur
de la Force". Mais, que ce soit sur le plan purement narratif ou sur le
plan de la mise en scène, le film de Roman Polanski pâtit grandement de
la confrontation.
Distrayant tout de même, gentillet, mais à condition de prendre
l'oeuvre pour ce qu'elle est : un divertissement "soirée pop corn".
> Le film
sur IMDB.com
Bernard
Sellier