Sam Sand (Gene Evans) et sa femme indienne Tabinaka
sont assassinés par trois bandis qui espéraient trouver de l'or . Leur
fils Max (Steve McQueen) n'a plus qu'une obsession, retrouver les
criminels et venger la mort de ses parents. Au cours de son périple, il
rencontre un marchand d'armes, Jonas Cord (Brian Keith) qui l'initie au
maniement du révolver et lui prodigue quelques conseils. Au bout de
plusieurs semaines, Max retrouve l'un des meurtriers, Jesse Coe (Martin
Landau), devenu croupier dans une petite ville, et réussit à le tuer.
Mais il apprend que les deux autres complices viennent d'être
incarcérés en Louisiane pour une attaque de banque ratée...
Un thème archi classique, celui de la vengeance. Il y a donc
d'un côté l'aventure traditionnelle, avec la quête inlassable d'un
jeune homme métis, analphabète, qui n'a jamais mis les pieds dans un
saloon ou joué aux cartes, mais se révèle prêt à tout pour assouvir une
idée fixe a priori compréhensible. Steve McQueen insuffle à son
personnage de jeune fou assoiffé de sang une intensité à la fois
brouillonne et nerveuse tout à fait convaincante, même s'il faut une
dose de bonne volonté pour voir, dans ses yeux bleus et ses cheveux
blonds, le fils d'une indienne. L'histoire aurait pu se contenter
d'aligner les péripéties sans aller plus loin. Heureusement ce n'est
pas le cas, puisque se développe au fil des rencontres et des
situations une réflexion sur le mimétisme psychologique qui s'installe
de plus en plus entre le criminel et le "justicier", ce dernier
n'hésitant pas à utiliser les autres, voire à se servir de méthodes
plus que douteuses pour parvenir à ses fins. Au-delà de l'apparente
obsession criminelle qui dévore Max, se profile une véritable
initiation intérieure, conduisant à l'illustration de l'une des phrases
du père Zaccardi (Raf Vallone) : "Il faut beaucoup plus de courage pour
résister à la tentation de la vengeance que pour y céder". Evidence,
banalité, sans doute, mais dont l'application pratique nécessite une
sacrée force morale...
Une oeuvre sans esbroufe, sans chevauchées spectaculaires, mais profondément humaine.