Un gang particulièrement audacieux, composé
de cinq jeunes adeptes des jeux video, ne se contente pas de dévaliser
les banques avec une virtuosité époustouflante, mais surtout il profite
de ces braquages pour avertir la police et dégommer le plus grand
nombre de flics. Le chef est Joe Kwan (Daniel Wu), fils d'un haut
fonctionnaire de la police. A la suite d'un nouveau hold-up, le
Capitaine Chan Kwok-Wing (Jackie Chan) reçoit une information sur le
repaire de la bande. Il s'y rend avec neuf de ses hommes. En fait, il
s'agit d'un piège soigneusement monté. Wing, seul survivant, radié de
la police, sombre dans l'alcool...
Ces diables d'Orientaux n'en finissent pas de nous surprendre ! Avec un
sujet vu plus de cent fois (le flic culpabilisé à mort devenu une épave
; les courses poursuites haletantes ; les coups hyper-audacieux...),
certains réalisateurs parviennent encore à confectionner des cocktails
magnétiques, captivants, survitaminés sans être grotesques, aux
cascades incroyables mais jamais ridicules (comme c'est le cas, par
exemple, de "Charlie's
Angels"), et à mettre en scène, conjointement, des
personnalités attachantes, crédibles psychologiquement. Jackie Chan,
enfin sorti de ses habituelles pitreries très moyennement
convaincantes, compose un loser à la rédemption intelligemment menée,
même s'il en fait un peu trop dans l'alcoolo-débris. Fung Cheng
(Nicholas Tse) lui offre une réplique à l'humour léger tout à fait
bienvenue. Quant au scénario, tour à tour surprenant,
innovant, ensorcelant de bout en bout, malgré sa propension moderne à
la violence gratuite, il est un modèle, tant sur le plan de la
construction que sur celui du choix des décors, ou de l'originalité des
confrontations. Benny Chan a su équilibrer avec talent les multiples
composantes du genre, souvent mal dosées volontairement : le rythme,
l'impétuosité, l'intimisme, le spectaculaire, le suspense, la légèreté,
le sérieux, l'humour. Il a même réussi à renouveler le coup de la bombe
qui explosera dans trois minutes, et à insérer un parallèle troublant
entre le monde imaginaire des jeux et sa transposition, par des esprits
pathologiques, dans la vie réelle.
Une réussite hautement excitante.