Nasser
(Samy Naceri), Santino (Benoît Magimel), Selim (Sami Bouajila), Nadia
(Anisia Uzeiman), et leur ami Martial (Martial Odone), acrobate de
talent, ont organisé le vol de matériel hi-fi dans un dépôt de la
région strasbourgeoise. Ils neutralisent sans peine les deux gardiens,
Louis (Pascal Greggory) et Spitz (Martin Amic). Tout se déroule sans
problème jusqu'à ce que fasse irruption un petit blindé de l'armée dans
lequel est transporté un criminel albanais, Abedin Nexhep (Angelo
Infanti), qui est sur le point d'être traduit en justice. Mais ses
acolytes sont bien décidés à tout tenter pour le libérer et assiègent
le dépôt...
Efficacité est le maître mot de cette histoire sous haute tension qui
n'a pas grand chose à envier aux productions américaines du même genre.
Grâce à un montage rythmé, à une ouverture à multiples facettes qui
entretient durant un long moment un mystère quant aux différentes
"missions" des protagonistes, le film parvient à ne jamais sombrer
corps et biens dans le primaire purement spectaculaire.
Certes, le réalisateur se laisse bien aller, ponctuellement, à un
petit débordement de défouraillages gratuits tous azimuts, mais,
malgré la dominante musclée, sauvage et guerrière, il
réussit à ménager quelques séquences intimistes,
dramatiques, émotionnellement intenses. Grâce à elles, à l'implication
des acteurs (Nadia Farès surprenante d'intensité), et à quelques
notations originales (le flic qui se dissimule derrière un masque
facial d'acier), et malgré une stylisation des "méchants", qui sont
réduits à l'état d'ombres-marionnettes dézinguées comme au tir de fête
foraine, l'oeuvreinsuffle une dimension humaine dans ce qui semblait, a priori, n'être qu'un alignement basique de scènes choc.