En
1607, un navire venant
d'Angleterre accoste sur les côtes de Virginie. Une fois à terre, le
capitaine Newport (Christopher Plummer) décide de redonner sa chance au
Capitaine Smith (Colin Farrell), qui risquait la pendaison pour
sédition. Smith est envoyé à l'intérieur des terres, prendre contact
avec un Roi puissant. Fait prisonnier par les indigènes, Smith découvre
l'amour en la personne de l'une des filles du monarque, Pocahontas
(Q'Orianka Kilcher). Il revient cependant parmi les siens, malades et
affamés, qui attendent le retour du navire, parti chercher des
marchandises en Angleterre...
Il est rarissime de trouver un réalisateur doté d'une telle aura
alors que ses films se comptent, en 40 ans, sur les doigts d'une seule
main ! On retrouve ici l'inspiration panthéiste du réalisateur ("La ligne rouge", "Les moissons du ciel"),
ainsi que son attirance pour la virginité d'une nature dont l'être
humain ignore les leçons. Mais dans le cas présent, cette célébration
tourne singulièrement à vide. La cause principale en est un scénario
mou, filandreux, inconsistant, rachitique ( surtout pour une oeuvre de
2h30 ! ), aux enjeux flous, qui semble constamment se chercher une
direction. Jusqu'au dénouement, on espère une flamme, voire une simple
étincelle qui n'arrivera jamais. Il est alors indispensable de se
contenter d'interminables promenades silencieuses, méditatives, de
répétitives réflexions mystico-basiques en voix off, d'incantations
muettes à Mère Nature, qui, au bout du compte, finissent par flirter
avec l'ennui et même le ridicule. Pourtant, on ne demanderait qu'à
vibrer à l'unisson de ces coeurs simples et purs, mais la transparence
des situations, la vacuité de nombreuses séquences, rendent cette
empathie impossible. Et le charme insolite de Q'Orianka Kilcher
n'y change hélas rien.
Une déception majeure.