|
OASIS
|
|
Poème inspiré du
film : " Sur la route de Madison " de Clint
Eastwood
Avertissement : il peut être
préférable d'avoir vu le film avant de lire le poème...
|

|
Mon enfance a dansé sous
le ciel de Bari,
Tapissant de bonheur un avenir vermeil.
J'ai peint mes lendemains aux couleurs d'Italie,
De longs jours bleus et or où l'âme s'émerveille.
|

|
J'ai dessiné l'amour qui exalte les corps,
Dans un tableau de rêve où brillait l'espérance,
Mon extase chantait en mélodieux accords,
La communion des cœurs et l'harmonie des sens.
|

|
Les années ont tissé sur la plage des songes,
Un voile obscur et lourd qui pèse sur ma vie.
L'habitude m'endort, le quotidien me ronge,
L'émotion s'est éteinte et l'espoir s'est tari.
|

|
L’ivresse de la femme s’endort lentement.
Les nuits de la passion sont devenues sommeil.
Le père a remplacé le juvénile amant,
Tandis que déclinait mon univers soleil.
|
|
Assise, les yeux clos, j’écoute le silence,
Qui baigne la contrée et mon cœur assoupi.
Il drape mes regrets d’un pli d’indifférence,
Mue le désespoir en douce mélancolie.
|

|
Toi, l’inconnu d’un jour surgi de nulle part,
Missionné du hasard pour ouvrir le cercueil
Où dormaient, engourdis, de vieux désirs épars,
Tu es ma bouée de vie au milieu des écueils.
|

|
Durant ces courts instants où nos deux corps unis,
Ont visité le ciel transcendant de l’amour,
Sans peur et sans remords je me suis engloutie,
Dans la joie simple et pure où le temps n’a plus cours.
|

|
J’ai franchi dans tes bras l’océan tumultueux,
Survolé les pampas que tes pieds ont foulées,
J’ai guetté près de toi le jeune faon peureux,
Et soupiré de joie sous la voûte étoilée.
|

|
Pour ce monde sauvage où tu m’as invitée,
Pour ce don merveilleux d’une belle éclaircie,
Pour toute la magie de ton âme exaltée,
Je vénère ton nom et je te dis : merci.
|
|
10/09/2003
|