Danny Ocean (George Clooney)
vient se sortir de prison. Bien décidé à retrouver sans attendre le
droit chemin... des casses monumentaux. Son idée est simple : s'emparer
des quelques cent soixante millions de dollars qui seront déposés, un
soir de finale du championnat de boxe, dans le coffre-fort inviolable
du plus grand Casino de Las Vegas, le "Bellagio". Pour monter cette
opération, il lui est indispensable de recruter des spécialistes parmi
les meilleurs. L'équipe comprendra, entre autres, Rusty Ryan (Brad
Pitt), le compagnon de longue date, les frères Mormons Virgil (Casey
Affleck) & Turk (Scott Caan) Malloy, Livingston Dell (Eddie
Jemison), l'informaticien hors pair, Linus Caldwell (Matt Damon),
pickpocket particulièrement habile, Saul Bloom (Carl Reiner)... Mais,
la veille de l'opération, Rusty se rend compte que le but de Danny
n'est peut-être pas uniquement d'engranger le pognon. En effet, Tess
(Julia Roberts), ex-épouse du prisonnier, vit désormais avec le
puissant Terry Benedict (Andy Garcia), auquel appartient le
"Bellagio"...
Voilà le film idéal pour qui désire passer une soirée divertissante, en
mettant l'intégralité de ses neurones au repos absolu, tout en
visionnant une aventure aussi passionnante que rythmée. Les deux
scénaristes ont fait tout le travail, ne demandant au
spectateur que de s'enfoncer dans un moelleux fauteuil et de
déguster les délicieux morceaux de puzzle qui s'égrènent devant lui.
Qui plus est, avec une générosité évidente pour les cerveaux paresseux,
ils ont rendu leur trame parfaitement lisible, sans ces détours
tortueux qui parfois provoquent un court-circuit à l'intérieur du
crâne. Tout ici est intégré sans effort, grâce aussi à une mise en
scène fluide. Les décors fastueux de la capitale du jeu offrent un
écrin de choix à cette machination virtuose qui n'est certes pas la
première ou même la plus spectaculaire que l'on ait vue. Pourtant,
grâce au charisme du quatuor principal et à l'intégration réussie de la
parenthèse romanesque Tess-Danny, l'ensemble se révèle des plus
agréables. Tout au plus, peut-on remarquer que les personnages mineurs
sont davantage des pions sur l'échiquier que de véritables
tempéraments, et que l'ambition de l'oeuvre demeure très modeste. Il
serait néanmoins déplacé de faire la fine bouche, lorsque
divertissement rime avec élégance, maestria et
jubilation.