Treizième James Bond
"officiel".
L'agent 009, bien que grièvement blessé, parvient à rapporter à
l'ambassade britannique d'Allemagne un oeuf de Fabergé, imitation de
l'original copié de façon mystérieuse. Pendant ce temps, le
général Orlov (Steven Berkoff) souhaiterait profiter de la supériorité
militaire de l'armée soviétique pour envahir l'ouest. A Londres, a lieu
la vente de l'oeuf authentique. Bond (Roger Moore) s'y rend et commence
à enquêter sur l'acheteur du joyau, un mystérieux Afghan du nom de
Kamal (Louis Jourdan). La filature le conduit à Delhi...
Sixième et avant-dernier "James Bond" incarné par Roger Moore, cet
"Octopussy" est, à mon sens, avec son troisième, "L'espion qui m'aimait",
l'un des plus charmeurs et des plus réussis qu'il ait
tournés. On y voyage assez peu, Inde et Allemagne de l'ouest, mais la
beauté des décors de mille et une nuits compense largement l'absence de
multiples découvertes. Le palais de la mousson où réside Kamal, le
palais flottant, où règne la mystérieuse Octopussy (Maud Adams),
entourées des plus belles femmes d'orient, ne manquent pas de
séduction. Une atmosphère originale - on se croirait par moments
reporté deux mille ans en arrière, comme dans cette jonque à rameuses,
- de nombreuses péripéties exotiques allant de la poursuite en
triporteur à l'attaque du repaire de Kamal grâce à un commando de
jolies femmes acrobates, en passant par un tueur au yatagan, une scie
circulaire devenue yo-yo meurtrier, une chasse à l'éléphant, il n'en
faut pas plus pour imposer un style et retenir l'attention d'un
spectateur agréablement dépaysé.
Louis Jourdan est un méchant aristocratique et distingué, Gobinda
(Kabir Bedi), un méchant glacial et tranchant, le général Orlov un
méchant classique. L'histoire en elle-même n'est ni plus mauvaise, ni
meilleure que beaucoup d'autres. Pas vraiment passionnante, mais
suffisamment enveloppée de trouvailles (les jumeaux lanceurs de
couteaux, l'atmosphère du cirque), et d'humour (l'agent secret charmeur
de serpent, se faisant reconnaître de Bond en jouant à la flûte la
musique du film), pour faire oublier sa relative désinvolture. Les
délires et les outrances des récentes moutures n'avaient pas encore
fait de ravages et, si Roger Moore commence à être un tantinet usagé,
ce film est une très agréable réussite dans la série.