Odette
Toulemonde (Catherine Frot), veuve depuis une dizaine d'années, est
vendeuse dans un grand magasin de Charleroi, et vit seule avec son fils
Rudy (Fabrice Murgia) ainsi que sa fille Sue Ellen (Nina Drecq).
L'illumination de sa vie, unique mais intense, réside dans la lecture
des ouvrages de l'écrivain célèbre Balthazar Balsan (Albert Dupontel).
Lorsqu'elle apprend qu'il va effectuer une dédicace à Bruxelles, elle
se prépare fébrilement pour une rencontre qui devrait être mémorable...
Le thème fondamental de l'histoire, qui rappelle par
certains aspects le sympathique "Romuald et Juliette" de Coline
Serreau, ne manque pas, a priori, d'intérêt. La célébrité, les honneurs
factices, le mirage des consécrations, tout cela "met de la gadoue dans
les yeux" comme lançait avec justesse Firmine Richard à un Daniel
Auteuil complètement à côté de ses pompes. Le bonheur réside dans la
simplicité et l'authenticité. Même si cette vision est passablement
réductrice, elle ne manque pas de vérité. Pour ce qui est du traitement
narratif et visuel, c'est une autre affaire ! L'auteur-réalisateur a
délibérément opté pour une représentation guimauve, onirique,
simpliste, voyante, qui plonge assez souvent dans une nunucherie
gênante. Certes le charme de Catherine Frot opère et permet de passer
sur nombre de séquences qui frôlent le ridicule (les chorégraphies avec accent martiniquais... ouh la la...),
tant le message est surligné avec des traits "hénaurmes". Mais le plus
agaçant demeure surtout la galerie de personnages annexes qui semblent
des caricatures de caricatures, du gendre bourrin qui pue des pieds au
fils homosexuel vivant un nirvana permanant, sans parler du "Jesus" de
Bruno Metzger, qui affiche une présence symbolique aussi lourde
qu'affligeante. Le spectateur a l'impression que le créateur a compilé
tous les stéréotypes possibles pour les déverser, bruts de décoffrage,
dans une mise en images primaire et classique. Pourtant, quelques
minutes peu avant la fin du film, laissent percer un rayon de lumière
sensible, qui donne un goût furtif de ce qu'aurait pu être l'oeuvre,
débarrassée de la couche indigeste de sucre raffiné dont elle est
envahie jusqu'à l'écoeurement.
Film sur
IMDB