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" L'oeil du  Mal ",  

( Eagle eye ),          2008,

de : D. J.  Caruso, 

avec : Shia La Beouf, Michelle Monaghan, Rosario Dawson, Billy Bob Thornton, Michael Chiklis, William Sadler, 

Musique : Brian Tyler

*******

oeil_mal

    

    Jerry Shaw (Shia La Beouf) a déserté l'université de Stanford pour vivre seul, loin de son envahissant père (William Sadler). Il travaille présentement dans un petit centre de reprographie. Il apprend un jour le décès accidentel de son frère jumeau, Ethan, qui avait mené une brillante carrière dans l'armée. Revenu chez lui après l'enterrement, il découvre avec stupéfaction que d'innombrables caisses d'armes ont été livrés dans son appartement. Un coup de téléphone l'avertit de fuir immédiatement, le FBI étant sur le point d'arriver. Il est arrêté par le responsable de la cellule anti-terroriste, Thomas Morgan (Billy Bob Thornton). Mais quelques instants plus tard, une évasion programmée par ordinateur lui permet de s'enfuir. Il est mis en présence d'une jeune femme, Rachel Holloman (Michelle Monaghan), qui, elle aussi, obéit à des ordres mystérieux, la vie de son fils Sam étant menacée...

    Voilà le type de film dont le principal pouvoir est de vous mettre les nerfs en pelote ! D'abord, bien sûr, à cause de cette obsession contemporaine qui semble imposer aux réalisateurs un diktat incontournable : faire ressembler leurs oeuvres à des jeux video primaires, en accumulant le plus d'images possibles en un temps record, le tout arrosé d'un bruit infernal. Mais aussi parce que cela fait mal de voir un scénario relativement fascinant, ( fondé sur l'évidence que l'yper-protection est non seulement un leurre, mais un danger mortel ), habité par deux personnages qui ont l'intérêt d'être des anti-héros, aussi stupidement sabordé par un traitement cinématographique aussi grossier. Outre que la vraisemblance générale flirte avec le niveau zéro, ce qui a pour effet de désamorcer le potentiel tragique et émotionnel de nombreuses séquences, les scènes d'action et les cascades (fort peu lisibles !) deviennent risibles à force de gratuité et de sur-découpage. Cette course contre la montre, qui se veut à la fois humaine, impersonnelle, haletante et mystérieuse, se voit en fin de compte réduite à un concentré bâclé de "24 heures" dans lequel la tension dramatique, le suspense, les enjeux fondamentaux, les rebondissements, les ambiguïtés des protagonistes, seraient engloutis dans une soupe à composante unique : l'hystérie tous azimuts. 

     Dans un genre proche, il est gratifiant de se replonger dans un "Ennemi d'état" dont le pourtant bouillant Tony Scott  avait réussi à faire une oeuvre palpitante.

   Bernard  Sellier               

 

 

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