Zack Mayo (Richard Gere) a eu une enfance difficile aux Philippines.
Son père Byron (Robert Loggia), marin alcoolique et amateur de
prostituées, l'a quasiment laissé à l'abandon. Par bravade et
orgueil, il décide de s'inscrire à la formation des officiers pilotes
de la Navy à Fort Raines. Bien que d'un milieu fort différent de celui
de la plupart de ses compagnons, il se fait quelques amis en particulier
Syd Worley (David Keith). Le sergent Foley (Louis Gossett jr.), dur et
implacable, les met en garde contre les jeunes filles de l'usine
voisine, prêtes à tout pour épouser un officier. C'est alors que Zack
et Syd font la connaissance de Paula Pokrifki (Debra Winger) et Lynette
(Lisa Blount), fort différentes de tempérament...
La douceur de l'amour face à la froide rudesse de l'armée.
L'intransigeance autoritaire de l'instructeur Foley (remarquablement
stylisé par Louis Gossett jr.) face au charme romanesque de deux
beautés attirantes et délicieuses... En fait, tout n'est pas aussi
simple ou manichéen. Le coeur humain, qu'il soit celui d'un soldat ou
d'une douce créature, recèle bien des mystères, aussi vieux que
l'origine de l'homme, et pourtant toujours nouveaux et stupéfiants pour
celui qui expérimente sa métamorphose.
Certes le film n'a aucunement pour but une étude finement
psychologique. Il est avant tout une initiation à la vie adulte et
responsable et une magnifique histoire d'amour. L'amour entre homme et
femme, mais aussi l'amour envers soi-même. C'est ce thème qui façonne
d'ailleurs l'un des points émotionnels culminants de cette histoire :
à savoir la découverte que fait Syd de ses besoins profonds, de ce qui
est important pour son être profond, et... le drame qui s'ensuit.
Le film est également un récit qui exalte, de manière simpliste
objecteront sans doute certains, les grandes valeurs de l'humanité :
l'amitié, la responsabilité, la solidarité, l'accroissement de la
conscience individuelle et collective.
J'avoue avoir toujours eu un (grand) faible pour cette oeuvre qui
ouvrait à Richard Gere, deux ans après "American gigolo",
les portes de la célébrité, ainsi que pour Taylor Hackford qui a
souvent réussi à illuminer la beauté de ses interprètes
féminines, même à travers des films assez moyens (par exemple
la scène finale de "Contre
toute attente", dans laquelle le
visage de Rachel Ward atteint un sommet exceptionnel d'émotion pure et
de grâce). Ici, c'est la merveilleuse Debra Winger qui rayonne tout au
long de cet ode à l'amour pur.