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" L'Orphelinat "  

( El  Orfanato ),        2007,

de : Juan Antonio  Bayona,

avec :  Belén Rueda, Fernando Cayo, Roger Princep, Mabel Rivera, Edgar Vivar, Géraldine Chaplin, Montserrat Carulla,

Musique : Fernando Velázquez

*******

orphelinat

   

    Laura (Belén Rueda), jadis adoptée à l'âge de huit ans, revient une fois adulte dans l'orphelinat où elle a vécu, afin de le transformer, avec l'aide de son mari médecin, Carlos (Fernando Cayo), en un centre d'accueil pour enfants handicapés. Mais dès leur arrivée, leur fils adoptif Simon (Roger Princep) voit des "amis" invisibles, souffre de somnambulisme et, un jour, disparaît. Laura contacte un spécialiste de l'ésotérisme et des phénomènes paranormaux, le professeur Leo Balaban (Edgar Vivar), qui lui conseille de faire intervenir une femme médium, Aurora (Géraldine Chaplin)...

    Toute la première partie fait beaucoup penser aux "Autres" d'Alejandro Amenabar, tant pour le sérieux avec lequel Juan Antonio Bayona aborde l'histoire, que pour l'absence totale de spectaculaire agressif, ou encore pour son atmosphère sombre, aussi bien dramatique que purement physique (on a l'impression que l'électricité n'a jamais été installée dans cette gigantesque demeure !). Et la réussite du film naît en grande partie de la conservation de cette tenue et de cette maîtrise jusqu'à la portion la plus difficile à réussir dans ce genre de film, à savoir le dénouement qui, lui aussi, joue la carte de la suggestion et de l'ellipse. Les effets angoissants, à base de visions plus ou moins fugitives, et surtout de bruits divers, sont des plus classiques, mais ils sont toujours au service de la tragédie et ne sombrent jamais dans la gratuité. L'équilibre entre imaginaire et réel se révèle quasiment idéal. Quant à l'interprétation de Belén Rueda, elle est tout simplement magistrale de sobriété et de puissance émotionnelle contenue. Autant dire qu'à partir d'un sujet qui n'est pas d'une folle originalité, le réalisateur a donné naissance à une oeuvre d'une efficacité et d'une maîtrise incontestables.

Bernard  Sellier               

 

 

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