La
prison de haute sécurité d'Oswald, dite "Oz" vient de voir se terminer
la sanglante mutinerie qui clôturait la saison 1.
Deux gardiens et six détenus ont été tués lors
de l'assaut ordonné par le Gouverneur James Devlin (Zeljko
Ivanek). Une commission d'enquête est installée par lui, sous la
direction du
procureur adjoint Alvah Case (Charles S. Dutton). Mais, contrairement
aux attentes de Devlin, Case semble avant tout préoccupé par la mort de
l'un des détenus, Scott Ross. Ses investigations l'amènent à
soupçonner, non seulement un assassinat, mais encore la responsabilité
de l'un des gardiens, en l'occurrence Diane Whittlesey (Edie Falco).
Finalement, au bout d'une année, le quartier dirigé par Tim McManus
(Terry Kinney) rouvre ses barreaux et la vie reprend son cours. Mais
les rancoeurs sont bien loin d'être apaisées....
Il ne doit pas être aisé de poursuivre la création au plus haut
niveau dans une série de ce genre. D'une part, l'effet de choc provoqué
par la découverte des épisodes de la première salve ("Oz, saison 1") s'est forcément
émoussé. D'autre part, contrairement à sa consoeur "Prison Break"
qui choisira, pour la seconde partie, de répandre les prisonniers dans
la nature, histoire d'aérer la narration, l'intrigue se voit toujours
totalement confinée entre les murs du quartier de haute sécurité.
Enfin, il ne saurait évidemment être question de miser, comme c'était
le cas dans la précédente saison, sur un pic final aussi
spectaculaire.
Rien dans la construction traditionnelle n'a été changé. Le
récit se déroule au fil des commentaires philosophico-baroques
scandés par un Augustus Hill (Harold Perrineau) de plus en plus allumé,
et les auteurs ont choisi de limiter au maximum l'intervention de
nouveaux personnages, ce qui aurait été un moyen (facile) de renouveler
quelque peu les événements et rapports. Eh bien malgré toutes ces
restrictions, cette saison 2 se hisse peut-être à un niveau encore
supérieur, tant sur le plan de la dramaturgie générale, que de
l'émotion dans la descente au fond des âmes souffrantes des principaux
détenus. Les sentiments ont beau être toujours les mêmes (amour, haine,
jalousie, intérêt, culpabilité, vengeance...), le spectateur ne peut,
grâce au génie des créateurs et à la conviction des acteurs, que se
sentir emporté corps et biens dans cet océan de violence et de
désespoir sans fond. Et, pour couronner l'ensemble, se sentir embrasé,
comme les prisonniers du qhs, par un dénouement, certes radicalement
différent de celui qui clôturait la saison un, mais totalement excitant
dans sa résignation sereine ! Du très grand art !