Meg Altman (Jodie Foster)
vient juste de se séparer de son mari Stephen (Patrick Bauchau).
Accompagnée de sa fille Sarah (Kristen Stewart), elle emménage dans un
grand et luxueux appartement de Mahnattan. Le malheur veut que ce soit
quelques jours trop tôt, car trois hommes, Junior (Jared Leto), Burnham
(Forest Whitaker) et Raoul (Dwight Yoakam) le croient vide et ont
résolu de s'emparer de plusieurs millions de dollars cachés dans une
coffre. Meg et Sarah se réfugient dans une pièce transformée en chambre
forte inexpugnable. C'est le début d'une nuit de cauchemar...
En un tout petit nombre de films, David Fincher s'est fait remarquer
par son indéniable capacité à installer des atmosphères glauques (le
remarquable "Seven"), ou dramatico-fantastiques comme c'est le
cas de "The game". Ici, il se confronte à un scénario de
thriller classique, entièrement situé en huis-clos, mais il sait tirer
un parti exceptionnel de la scène restreinte dans laquelle se déroule
le drame. La caméra, tantôt serpent, tantôt oiseau, rampe ou
virevolte à travers les pièces et les escaliers, avec une fluidité exceptionnelle, pour traquer les
expressions ou les ingrédients divers du suspense. On oublie quasi
totalement que presque toutes les péripéties ont déjà été utilisées ici
ou là, tant le réalisateur emplit chaque minute de matière
émotionnelle, d'imagination créatrice, et sait faire résonner
au fond de chaque spectateur les peurs viscérales qu'il
véhicule à travers son objectif.
Chaque personnage, et, paradoxalement, surtout les trois truands,
prennent corps au fur et à mesure qu'avance le drame, que se
déchirent appétits, dissimulations et que se découvrent ou
s'affirment les véritables personnalités. Mention spéciale au
toujours remarquable Forest Whitaker. Et que dire de Jodie Foster, dont
ce n'est certes pas le rôle le plus passionnant à mon sens, sinon
qu'elle est immuablement sublime... Mais, là, je suis passablement
subjectif !
Une oeuvre assurément construite avec la rigueur d'un orfèvre, porteuse
d'une tension profonde et permanente, jouée excellemment, à laquelle il
manque peut-être seulement la dimension psychologique et symbolique de "The game" ou de "Seven"
pour transcender la simple densité
matérielle et formelle. Il est d'ailleurs évident, lorsque l'on regarde
les copieux suppléments du DVD, que l'ambition du réalisateur semble
aussi hypertrophiée dans le registre technique (une construction
d'immeuble en studio de 6 millions de dollars !!!, sans parler d'un
générique peaufiné au pixel près, dont le gigantisme urbain contraste
d'ailleurs étrangement avec l'intimisme du film... ), que restreinte
dans le domaine
humain...
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