La toute jeune Princesse Dala se voit offrir par
son Maharadjah de père un diamant fabuleux qui ne possède qu'un seul
petit défaut : une impureté interne ressemblant à une panthère rose.
Quelque vingt ans plus tard, devenue adulte (Claudia Cardinale), Dala
voit son cadeau convoité par un voleur particulièrement redoutable, que
personne ne connaît, surnommé "le fantôme". Heureusement, si l'on peut
dire, l'inspecteur Jacques Clouseau (Peter Sellers), flanqué de sa
délicieuse épouse, Simone (Capucine), veille au grain...
Voilà donc le premier volet d'une série à multiples épisodes, qui a vu,
en cette année 2006, paraître un remake, peu apprécié, d'ailleurs, par
les aficionados, signé Shawn Levy.
L'ouverture musicale, universellement célèbre, ainsi que le générique
gentiment fantaisiste, donnent le ton général de l'oeuvre. Aux
spectateurs d'apprécier ce ton. Pour ma part, le souvenir très ancien
que j'avais de ce film n'a guère évolué avec le temps. Quasiment
insensible à cet humour tant vanté du tandem Peter Sellers - Blake
Edwards, qui trouvera son apothéose dans "La Party", cinq ans plus
tard, il m'est fort difficile de percevoir un intérêt dans cette
histoire, d'autant plus que le scénario, décousu, quasiment éthérique,
ne risque pas de captiver l'attention de celui qui n'est pas fan des
pitreries de Clouseau. A contrario, celui qui se pâme devant les gags
du plus pitoyable inspecteur jamais inventé, générateur de calamités en
tous genres, (à savoir marcher sur son Stradivarius, se cogner dans les
portes, allumer une fusée de feu d'artifice à la place d'une bougie...)
seront aux anges. Tout au long de ce qui ressemble fort à un vaudeville
genre début du vingtième siècle (allers et venues permanentes,
croisements à haut risque, amants sous les lits, dans les placards, et
mari, modèle abruti impassible), on assiste à une suite souvent
laborieuse (certaines scènes tirant en longueur, par exemple
la soirée de saoûlerie entre George Lytton (David Niven) et Dala), de
bévues, de bavures, oscillant entre l'infantile et
l'ubuesque. Heureusement que le charme inaltérable de Claudia
Cardinale, allié à l'élégance aristocratique de Capucine, apportent une
note délicatement épicée à l'aventure, car le choix humoristique des
scénaristes tire l'ensemble vers une niaiserie primaire, qui n'a même
pas la chance d'être assaisonnée d'une folie excitante ou d'un délire
tonique ! Quant à l'humour de Peter Sellers, je n'ai pas encore
découvert la zone de mes zygomatiques capable de la déguster avec
jouissance...