La fille du professeur
Stangerson (Michael Lonsdale), Mathilde (Sabine Azema), épouse Robert
Darzac (Olivier Gourmet). Bien que Frédéric Larsan (Pierre Arditi),
l'ennemi mortel, soit mort quelque temps auparavant, alors qu'il
produisait sur scène un spectacle de magie, sous le pseudonyme de
Naja-Bey, tous ceux qui assistent à la cérémonie, y compris Joseph
Rouletabille (Denis Podalydes) et son inséparable ami Sainclair
(Jean-Noël Brouté), redoutent jusqu'au dernier moment un coup
d'éclat. Mais tout se déroule normalement. Rouletabille part avec son
compagnon à la recherche du parfum de la "dame en noir", qui
venait occasionnellement lui rendre visite dans le pensionnat où il
résidait. Il est quasiment certain que cette mystérieuse inconnue
n'était autre que Mathilde. Quant à son père, ce devait être Larsan
! Un brusque message rappelle le jeune homme au fort d'Hercule, où les
jeunes mariés se sont retirés. Car le prétendu mort a fait sa
réapparition...
Si mes souvenirs romanesques sont exacts, cette suite du "Mystère
de la chambre jaune", bien que fondée sur une énigme assez
semblable à la précédente, développait une mélancolie romantique
qui faisait défaut au premier volume. Etais-je dans un mauvais
jour lors de la vision de cette "Dame en noir", je ne le pense
pas. Toujours est-il que l'aspect ludique, juvénile, gentiment
délirant, qui m'avait séduit dans le premier épisode, m'a semblé ici
verser totalement dans la gratuité inconsistante, la farce, et,
surtout, dans l'ennui absolu ! Le scénario, ultra mince, n'en finit pas
de faire du sur place, et se voit étiré comme un élastique à la
limite de la rupture, au moyen de personnages plus improbables les uns
que les autres, de combats virant à la pitrerie, de situations sans
intérêt, d'agitation vaine, et d'infantilisme primaire. On se
contrefiche totalement aussi bien de cette filiation pathologique que de
l'inconsciente passion de Mathilde pour Larsan, dont l'abstraction frise
le néant. Tout semble factice, des gloussements, piaillements,
borborigmes, ventriloquies, à ces séances d'espionnage au moyen de
périscopes sous-marins, en passant par une Edith Rance (Zabou Breitman)
hyper-excitée, un Prince Galitch (Vincent Elbaz) aux simagrées
douteuses, et un Robert Darzac à la limite du ridicule et de
l'outrance. Le pire est que cet ensemble, magnifiquement filmé dans un
décor idyllique, n'est même pas drôle ! Pourtant, tout démarrait
sous les meilleurs auspices, avec un générique empreint de magie et de
mystère. Aucun des deux n'a survécu au mariage de Mathilde. C'est bien
regrettable ! Trois étoiles pour la beauté du cadre...
Bernard
Sellier