Hubert Bonisseur de La Bath, alias OSS 117
(John Gavin) endosse la personnalité de Chandler, un criminel bien
connu, afin d'être engagé par un groupement secret qui se fait appeler
l'Organisation. Il simule un hold up dans une banque de Rome, est
arrêté par la police italienne. Comme il s'y attendait, il est
rapidement enlevé par des inconnus et se retrouve dans une
luxueuse villa, en présence du chef de l'Organisation : le Major (Curd
Jürgens). Celui-ci l'informe qu'une mission délicate va lui être
confiée : éliminer le représentant des Nations Unies, dont l'action au
Proche-Orient contrarie les intérêts du syndicat du crime...
Troisième avatar des aventures de l'agent secret français (tenu ici par
un acteur à l'accent anglais...). Ce changement n'est d'ailleurs pas
des plus opportuns, car, si, à l'évidence, Frederick Stafford n'égalait
pas Sean Connery, il avait tout de même nettement plus d'allure et de
flegme humoristique que John Gavin, à la physionomie et à l'expression
désespérément plates. L'intrigue se montre, au début, un peu plus
originale que la moyenne. Curd Jürgens, qui reparaîtra, neuf ans plus
tard, en méchant, dans la personnalité mémorable de Karl
Stromberg ("L'Espion
qui m'aimait"), tranche agréablement avec son alter
ego transparent de "Atout
coeur à Tokyo". Féru de musique classique, flegmatique,
inquiétant, et toujours doté de son accent traînant, le Major semble
promettre une amélioration qualitative dans ces imitations James
Bondesques, jusqu'alors peu convaincantes. Mais, bien vite, la banalité
reprend le dessus, et le spectateur se voit trimballé dans une suite de
séquences traditionnelles, peu palpitantes, voire ponctuellement
ennuyeuses. Quant on pense que les réalisateurs se sont mis à trois
pour accoucher de cette petite chose gentillette... Un tout petit trois
étoiles...