Pierre (Thierry Lhermitte) et Thérèse (Anémone)
sont bénévoles à "SOS Détresse amitié", un service téléphonique d'aide
aux dépressifs dirigé par Madame Musquin (Josiane Balasko). C'est le
soir du réveillon de Noël. Pendant qu'ils répondent à quelques âmes
esseulées, Zézette (Marie Anne Chazel) et Félix (Gérard Jugnot) se
tabassent dans leur caravane, Katia (Christian Clavier), un travesti,
décide de rendre visite à ses sauveteurs téléphoniques, l'ascenseur
tombe en panne, et ce n'est que le début d'une nuit de cauchemar...
Si l'on vous dit d'un ton docte et professoral : "C'est celaaa, oui"...
Que répondez-vous ? Mais c'est bien sûr... "Le père Noël est une
ordure" ! Plus encore que "les Bronzés", ce film est devenu, à juste titre,
"culte". Entre les mines coincées de Thérèse, les furies assassines de
Félix, la dégaine calamiteuse de Zézette, dont les dents courent après
le beefsteack, les appels de trompette de Madame Musquin coincée dans
l'ascenseur, les "doubitchous" roulés sous les aisselles du voisin
Peskovic (Bruno Moynot), le costume de Pierre assorti au revêtement du
canapé, le slow érotique de Katia, le spectateur ne sait plus où donner
des zygomatiques. Ne parlons pas des "bons mots", dont une large part
est entrée dans le langage courant et fait partie intégrante
des phrases modèles de l'humour : "Je ne vous jette pas la pierre,
Pierre...", "Je n'aime pas dire du mal des gens, mais, effectivement,
elle est gentille...", ou encore le célébrissime : "c'est fin, c'est
très fin, ça se mange sans faim...". La transposition
cinématographique, même si elle n'apporte que peu à la pièce
originelle, permet cependant une petite aération qui ne manque pas de
piquant.
Certes, la finesse n'est pas toujours au rendez-vous, il y a, notamment
dans la seconde moitié, quelques petits moments de patinage, et la fin
vire quelque peu au gore, mais l'ensemble demeure néanmoins totalement,
irrémédiablement, hilarant.