Sally Atwater (Michelle Pfeiffer) a toujours rêvé de devenir
journaliste à la télévision. Grâce à une cassette habilement
montée, elle se voit engagée à Miami par Warren Justice (Robert
Redford), ancien reporter vedette démissionnaire d'une grande chaîne
nationale. Il se rend rapidement compte que Sally ignore tout du
métier. Il lui prodigue conseils, critiques. Déjà divorcé deux
fois, il tombe sous le charme de la jeune femme. Mais celle-ci reçoit
l'offre d'un poste à Philadelphie...
Plongée vaguement réaliste, mais surtout romantique dans le monde
cruel des coulisses de télévision. Deux archétypes se rencontrent.
Sally, la petite provinciale arrive d'une ville paumée du Nevada,
bien décidée à creuser sa place dans le métier, mais totalement
ignorante aussi bien du b a ba professionnel que des intérêts et
jalousies qui fleurissent au sein de toute Chaîne. De l'autre côté,
le vieux lion irréductible, exigeant avec les autres autant qu'avec
lui-même, mais bourré de charme et doté d'un coeur qui ne demande
qu'à s'enflammer à nouveau. Que pensez-vous qu'il puisse arriver ?
Ce qui était prévu dès l'ouverture, bien sûr ! La jeune novice va
apprendre dans la souffrance le dur métier, avec la compensation
d'être bercée par les bras protecteurs et puissants du beau
séducteur. Bien entendu, sur la route des tourtereaux, vont se
présenter de multiples avatars, pas toujours très bien exploités,
parfois survolés, parfois réduits à une séquence dont le lien avec
les précédentes et suivantes est pour le moins abrupt. En fait,
avant que la dernière et dramatique partie ne s'ouvre, l'oeuvre
ressemble davantage à un patchwork vivant, bariolé, qu'à une
véritable trame organisée. On ne peut pas dire que la psychologie
des personnages principaux passe à la trappe, mais elle demeure
transparente, oubliable, comme si la souveraineté du charisme des
deux acteurs ne faisait qu'une bouchée de cette tentative de faire
vivre des êtres profondément humains. Exception faite du choix
courageux d'un dénouement qui ne sacrifie pas, comme on aurait pu s'y
attendre, au happy end traditionnel, l'ensemble donne une impression
de superficialité, agréable à suivre, certes, mais dont la bonhomie
générale se montre bien peu en osmose avec la sauvagerie policée
qui règne dans ce milieu.