|
PETARD
MOUILLE
|
|
Poème inspiré du
film : " La Folie des Grandeurs " de Gérard
Oury
Avertissement : il peut être
préférable d'avoir vu le film avant de lire le poème...
|

|
Je suis le plus petit de
tous les Grands d'Espagne,
Mais attention, manants, ne vous y trompez pas,
Je parle de ma taille, et sachez, cancrelats,
Que tout mon univers est pays de cocagne.
|

|
Je fais l'insigne honneur, à votre humble village,
D'y présenter ce jour mon auguste bedaine,
Afin de recueillir vos généreux fermages,
Qui s'en viendront gonfler mon petit bas de laine.
|

|
Ecoutez-moi tous, braves gens,
Le fond de ce carrosse est un peu vermoulu...
Je crois que le suivre un moment,
Vous permettrait de retrouver quelques écus...
|

|
Au secours mon ami, mon bien-aimé valet,
Vois tous ces furibonds qui menacent ma vie !
Je ferai de ces gueux de la chair à gibet...
Pour lors, courons bien vite me mettre à l'abri !
|

|
Absolue Reine de beauté,
Je suis ton Roméo très humble et passionné,
Moi, misérable vermisseau,
Je confie mon amour aux ailes d'un oiseau...
|

|
Maudits soient tes demains, épouse de mon Roi,
Qui uses du pouvoir que te donne le trône,
Pour confisquer mes biens et réduire aux abois,
Un vieillard qui n'a plus pour vivre que l'aumône !
|

|
Mon cher et tendre ami, qui étiez serviteur,
Avez en quelques heures gravi l'échelon,
Vous menant au sommet des plus nobles valeurs,
Qui affichent au monde un très noble blason !
|

|
Que mes égaux sont donc de piètres comploteurs !
La poudre est de nos jours un outil dépassé.
De mon cerveau fécond, jaillit un plan futé,
Qui fera de la Cour l'antre du déshonneur !
|

|
Malheur, me voilà propulsé,
Au milieu de ces nobles tarés et furieux,
Qui veulent me faire bouffer,
Un gros gâteau farci de poison délicieux !
|

|
J'ai placé tous mes pions sur le grand échiquier.
La surprise t'attend, mon petit Roi cocu !
Mais où diable est passé mon satané valet ?
Mordious, que fait-il donc avec ce vieux rebut ?
|

|
Calamité du ciel, mon scandale est à l'eau !
J'ai perdu tous mes biens, mon or et mon argent !
Mais le génie perdure au fond de mon cerveau,
Et demain me verra reconquérir mon rang...
|

|
( Chers lecteurs, nous avons omis de vous narrer,
Afin de préserver votre pudeur extrême,
Le strip-tease insensé qu'une vieille obsédée,
Exécuta devant le serviteur tout blême ! )
|
|
06/05/2003
|