William Turner (Orlando Bloom) et sa fiancée, Elizabeth Swan (Keira
Knightley) risquent la mort pour avoir aidé le Capitaine Jack Sparrow
(Johnny Depp) à s'enfuir. Mais Lord Cutler Beckett (Tom
Hollander), qui les a arrêtés, offre à William une possibilité
d'échapper à la potence. Il doit retrouver Jack et récupérer un
compas qu'il porte constamment sur lui. Après moult recherches, William
arrive sur une île, où il se fait capturer par des Indigènes. Quelle
n'est pas sa surprise de voir Jack parmi eux, considéré comme un Dieu,
et, surtout, d'apprendre qu'il va bientôt être rôti, afin de libérer
son âme de son enveloppe corporelle...
Ce deuxième volet des aventures fantastico-burlesques de Jack Sparrow
est l'exemple parfait du divorce qui, avec l'arrivée en fanfare des
trucages numériques et l'exceptionnelle qualité des images, menace les
deux conjoints du cinéma : le fond et la forme. Dans le cas présent,
il est impossible de ne pas s'extasier devant les prouesses techniques
qui jalonnent l'histoire. Entre les monstres plus pustuleux et
improbables les uns que les autres, les duels abracadabrants (celui sur
la roue du moulin vaut son pesant de cacahuètes !), et une attaque
d'anthologie de la pieuvre gigantesque qui aurait fait flipper le Victor
Hugo des "Travailleurs de la mer", le spectateur ne sait plus
où donner de la rétine pour se régaler de l'excellence hyper
réaliste des images.
Malheureusement, à moins de faire preuve d'une sacrée dose de bonne
volonté, et/ou d'infantilisme, en ce qui concerne le scénario, le
résultat est infiniment moins excitant ! Il semble même que les
créateurs se soient contrefichus totalement de cette vague histoire de
clé, de coffre et de coeur, qui respire l'épuisement prématuré du
concept, ou le je m'en foutisme de ceux qui ont manifestement décidé
de sacrifier le fond au profit du spectaculaire. Non seulement il est
fort difficile de se passionner, ne serait-ce que ponctuellement, pour
l'aventure, mais, ce qui est pire, l'ennui surgit en de multiples
occasions. Même le cabotinage de Johnny Depp, sympathique au
commencement, vire rapidement au systématique, voire à
l'agaçant.
Un sujet sans intérêt, des péripéties amusantes, mais fréquemment
gratuites, des personnages secondaires sans consistance ( Elizabeth Swan
et Lord Cutler Beckett font de la figuration )... Tout a été conçu
pour les aficionados des surenchères visuelles creuses. Dommage... Les
effets spéciaux réussis ne donnent pas forcément naissance à une
oeuvre excitante...