Richard
Chance (William L. Petersen) fait équipe depuis plusieurs années avec
son ami Jim Hart (Michael Greene). Celui-ci est à trois jours de sa
retraite. Pour une mystérieuse raison, ce dernier souhaite poursuivre
seul son enquête pour démasquer Eric
"Rick" Masters (Willem Dafoe), un artiste reconverti dans la
fabrication de faux billets. Il se rend dans un entrepôt désaffecté.
Mais Rick et son homme de main l'y attendent. Jim est tué. Richard
décide de retrouver coûte que coûte le criminel afin de venger son
ami...
Toujours fidèle à une attirance pour les extrêmes, le réalisateur est capable du meilleur ("L'exorciste", "French connection"), comme du pire ("Traqué"), en passant par le bizarre ensorcelant ("Bug").
De toute évidence, "Police fédérale L.A." appartient à la catégorie des
réussites majeures. Le titre original anglais est d'ailleurs beaucoup
plus fidèle à la réalité cauchemardesque qui se développe, car la
"police" n'a plus guère d'image à sa ressemblance dans les actions qui
sont menées par Richard. L'histoire commence de manière banale, mais,
très progressivement ce qui était a priori une enquête classique
doublée d'un légitime désir de vengeance se métamorphose en une traque
de plus en plus haletante dans laquelle les méthodes se noircissent au
fur et à mesure que les difficultés s'amoncellent. Les limites entre
justice et arbitraire s'estompent jusqu'à disparaître totalement.
Intégrité et droiture n'ont que très peu droit de cité dans un univers
aussi marginal qu'impitoyable où règnent des personnages jusqu'au
boutistes. Leur psychologie est plus que sommaire, mais, contrairement
à "Traqué", dans lequel répétitivité et simplisme se confondaient dans
un vide excédant, elle est supplantée par une urgence dramatique qui
gonfle sans répit dans une frénésie électrisante, et ce jusqu'à un
dénouement qui laisse le spectateur abasourdi et médusé. Beaucoup
de bruit, de fureur, une course poursuite haletante, des dialogues
acérés, strictement réduits au minimum, voilà une oeuvre qui ne peut
que marquer profondément.
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