Reuben Feffer (Ben Stiller) se marie avec la délicieuse Lisa Kramer
(Debra Messing). Tout semble aller pour le mieux dans le meilleur des
mondes lorsque, le premier jour de leur lune de miel aux Caraïbes, la
belle se jette dans les bras de Claude (Hank Azaria), un spécialiste de
la plongée et du naturisme. Reuben rentre piteusement à son domicile et
son ami Sandy Lyle, acteur ringard (Philip Seymour Hoffman), tente de
le consoler. Un jour, Reuben rencontre par hasard une ancienne collègue
d'école, Polly Prince (Jennifer Aniston). Voilà une bonne occasion
d'oublier ses déboires. Le malheur, c'est que la jeune femme ne
correspond pas vraiment à ses critères de sélection...
Il y a depuis quelques décennies, deux grands types de comédies à
l'américaine. Les romances sirupeuses, avec accompagnement de violons,
roucoulements au clair de lune, miracles à la louche, dans lesquelles
la pudeur prend souvent des airs de nunucherie ; et puis les pitreries
pseudo-sentimentales dans lesquelles les pipi-caca tiennent lieu de
sommets hilarants. "Polly et moi" se situe un peu entre les deux et
c'est une position peut-être encore plus inconfortable puisqu'elle
n'assume jamais vraiment son identité. Une petite scène romantique et
hop, je te flanque une grosse inflation de pets. Un soirée au clair de
lune et vlan, un petit coup de cavalerie bien grasse. Cela dit, Ben
Stiller et Jennifer Aniston semblent parfaitement à leur aise dans ce
méli-mélo indigeste, vaguement drôle parfois, mais dépourvu de la
moindre finesse. Elle en baba cool troisième millénaire, un peu
déjantée et imprévisible, qui donne des rendez-vous en informant
qu'elle n'y sera peut-être pas. Lui en assureur calculant le moindre
risque dans sa vie linéaire et bardée de principes. Philip Seymour
Hoffman, passablement allumé, fait un numéro distrayant de looser
mégalo.
Le genre de film que l'on peut visionner entre copains, devant quelques
canettes de bière, un bol de noix de cajou, et que l'on oublie dès que
le mot fin apparaît...