Fort
de France, capitale de la Martinique, en 1940. Le capitaine Harry
Morgan (Humphrey Bogart) propose des parties de pêche en mer à bord de
son petit bateau, "Queen Conch". Son dernier client en date, Johnson
(Walter Sande), ne semble pas très pressé de payer la note. Harry
fait la connaissance d'une mystérieuse jeune femme, Marie Browning
(Lauren Bacall), alors qu'elle vient de voler le portefeuille de
Johnson, qui tentait de la séduire. L'irruption des hommes de la milice
au service du gouvernement de Vichy se produit alors que Gérard (Marcel
Dalio) venait de proposer à son ami Harry de convoyer deux émigrés
français recherchés pour leur soutien au Général de Gaulle...
Les grands classiques, du type "Casablanca",
"Le faucon maltais", "African Queen", ou ce "Port de l'angoisse" ont le
mérite non négligeable de nous offrir, sur un plateau spécialement
conçu pour elles, les stars mythiques de l'époque, de Katharine Hepburn
à Mary Astor, en passant par la merveilleuse Ingrid Bergman, ou encore
Lauren Bacall, pour ne citer que les représentantes du sexe charmant.
Ce n'est certes pas négligeable. Pour ce qui est des films en
eux-mêmes, au risque de faire hurler les puristes, l'enthousiasme est
moins évident. Dans le cas présent, le scénario paraît aujourd'hui bien
linéaire, fort avare en développements dramatiques, et donne
l'impression de manquer singulièrement d'étoffe. Humphrey Bogart
promène son charme détaché avec aisance, Lauren Bacall joue les femmes
fatales sympathiques, Walter Brennan se régale (et nous régale) en
jouant les vieux ivrognes chaleureux, mais tout ce petit monde évolue
dans un intrigue ténue qui assure difficilement le minimum syndical. Il
y a pas mal de parlotes plus ou moins utiles et de chansons un tantinet
envahissantes, même si celles-ci contribuent à donner à l'atmosphère
une authenticité exotique charmeuse. Est-ce que le glamour d'antan
aurait perdu une partie de son pouvoir de fascination ?...