Suite
d'images brutes ou travaillées de notre terre sauvage et "civilisée"...
Tout ce qui a été dit, ou presque, sur le film qui a précédé celui-ci, ( "Koyaanisqatsi"
), peut être reproduit ici. Presque seulement, car, après une ouverture
impressionnante de cruelle beauté sur des milliers d'hommes-fourmis
couleur de terre, gravissant des collines abruptes écrasés par des
charges imposantes, qui donnent au spectateur l'impression d'assister à
la vie sur une autre planète, le film fait heureusement la part belle à
l'humain. Chaque séquence est toujours un véritable tableau de maître,
et les effets visuels, artistiquement réussis pour l'immense majorité,
se montrent relativement discrets. Crépuscules à la splendeur magique,
déserts, mers, villages perdus, métropoles filmées sous un angle que
l'on ne verra jamais dans la réalité, tout est fait pour susciter
l'envoûtement, et la réussite est quasiment toujours là... malgré la
partition de Philip Glass qui donne plus d'une fois, hélas, l'envie de
couper le son afin d'admirer dans le silence les merveilles
intemporelles qui nous sont proposées. Non que ses thèmes soient
désagréables, loin de là ! Ils sont même particulièrement inspirés et
souvent en adéquation presque miraculeuse avec l'image. Mais la
répétition ad eternam des mêmes mesures provoque rapidement
l'épuisement de l'auditeur et une perturbation intérieure souvent
difficile à contenir...
Enfin, notons qu'une incrustation, même discrète, sur les lieux de tournage, aurait été la bienvenue...