Robert
Duval (avec un seul "L"...) (Jacques Gamblin), et sa femme Marie-Jeanne
(Zabou Breitman) ont trois enfants : Albert (Pio Marmaï) est en
troisième année de médecine ; Raphaël (Marc-André Grondin) entreprend
des études imprécises ; quant à la petite soeur, Fleur (Deborah
François), elle se prépare à affronter l'adolescence. Sur un peu plus
d'une décennie, nous allons partager quelques moments-clés de cette
famille ordinaire...
"Où est-on mieux qu'au sein de sa famille ? Partout ailleurs..."
écrivait approximativement, je crois, Hervé Bazin. C'est peut-être ce
que pensent ponctuellement quelques personnages de l'histoire, sans
pour autant que cette maxime devienne un leitmotiv. Révoltes
épidermiques, érosion du temps, sentiments refoulés, rancoeurs mal
digérées, souffrances éphémères ou grandes douleurs... Tous les
éléments qui constellent la vie de chacun de nous et permettent, par
leur universelle banalité, d'entrer dans le ressenti de ces enfants ou
adultes désemparés. Il n'y a rien de très original, mais le
scénariste-réalisateur a su insuffler à ces petits riens une densité
captivante, et observer ses créatures avec autant de pudeur que de
sensibilité ou d'humanité. Leurs singularités ne sont jamais
outrancières, leurs présences sont toujours gorgées de vie et
d'énergie. Certes, le tissu narratif connaît parfois de légers creux,
d'occasionnelles longueurs (le concours de guitare invisible),
des raccourcis temporels qui artificialisent le propos, mais dans
l'ensemble cette petite symphonie chorale, incarnée avec fougue et
talent, ne laisse jamais indifférent, tout en procurant quelques beaux
moments d'émotions variées.