Le parcours chaotique et
lamentable de Virgil Starkwell (Woody Allen), pitoyable escroc,
spécialiste du ratage tous azimuts. Pourtant, la rencontre de la belle
Louise (Janet Margolin), contribue à remettre sa vie désordonnée sur
une voie plus constructive...
Dans ce
deuxième film de Woody Allen en tant que réalisateur, on trouve déjà la
patte humoristique qui se développera peu à peu dans le psychanalytique
que l'on connaît. Ici, il s'agit de rire bon enfant, primaire, qui ne
cherche pas midi à quatorze heures, mais ne manque cependant pas
d'efficacité. Cette histoire d'un abruti complet, sorte de "catastrophe
man", est composée de multiples saynètes, de scènes alternant le noir
et blanc et la couleur, de fausses interviews (on se croirait par
moment dans du Lelouch de la même époque) où se racontent,
drôlatiquement, aussi bien les parents de Virgil affublés de faux-nez
et de moustaches, que le directeur du FBI, un professeur de violoncelle
ou encore un psychiatre de pénitencier. Les gags innombrables, de
niveau divers, évoquant parfois Charlot (la machine à plier les
vêtements), oscillent entre le très moyen (le gorille sortant de la
boutique pour animaux), l'hénaurme (les prisonniers enchaînés
s'entretenant avec le shériff) et le génial (le hold-up avec discussion
interminable sur le texte écrit par Virgil). Dans l'ensemble, on rit
beaucoup, même si la construction faite de petits bouts assemblés à la
va comme je te pousse donne une impression de manque de souffle et de
fourre-tout un peu anarchique. La réussite réside dans le fait que
l'invraisemblance absolue est érigée au rang de but ultime. Le rôle de
la femme est ici très anecdotique.