Lincoln Burrows (Dominic Purcell) a été condamné à mort pour le
meurtre du frère de la Vice-Présidente des Etats-Unis. Le dernier
appel ayant été rejeté, il ne lui reste plus qu'un mois avant
l'exécution. Son frère, Michael Scofield (Wentworth Miller),
ingénieur en génie civil, ne l'entend pas de cette oreille. Après
avoir simulé un hold-up dans une banque, il se retrouve incarcéré
dans la prison de Fox River, celle-là même où Lincoln attend son
heure dernière. Mais il n'est pas arrivé les mains vides, si l'on
peut dire. Il a minutieusement préparé l'évasion du condamné,
persuadé qu'il s'agit d'un coup monté par les Services Secrets...
Le postulat de départ nécessite, de la part du spectateur, une
certaine dose de bonne volonté. Michael s'est fait tatouer le plan
complet de la prison sur le corps, ce que personne (à part un malade
mental) ne remarque... Bof... En trois jours, il devient un personnage
incontournable dans le milieu carcéral... Re bof... Lincoln attend
depuis trois ans son exécution, tandis que les agents secrets, sur le
ped de guerre 24 heures sur 24, suivent et éliminent les témoins
trop gênants, susceptibles de mettre en pièces la manipulation
patiemment construite... Sans être un prénix, on se dit que ce
serait tout de même beaucoup plus simple de soudoyer un détenu pour
qu'il plante une lame dans le dos du condamné, ce qui ne serait qu'un
épisode plus que banal dans un milieu où la vie ne vaut pas une
crotte de chien. Mais... bon ! Soyons beaux joueurs et acceptons ces
ficelles de la taille de cordages...
Depuis l'irruption, dans le paysage ronronnant des séries, de "24
Heures", les courses contre la montre connaissent un succès
amplement mérité. Celle-ci ne déroge pas à la règle. Si l'on
parvient à laisser de côté l'intellect et sa fâcheuse tendance à
décortiquer les invraisemblances pour s'en gausser benoîtement, il
est difficile de ne pas se passionner pour la tentative désespérée
de Michael, prêt à endurer toutes les souffrances pour mener à bien
son plan positivement machiavélique. Bien sûr, comme c'est le cas
pour "Les Evadés" ou "La
Grande évasion", que l'on a souvent évoqués en rapport
avec cette série, le microcosme dans lequel se déroulent les
événements restreint considérablement les possibilités narratives.
Dans une prison, à quoi peut-on s'attendre, sinon à des règlements
de compte entre prisonniers, à des rivalités raciales, à des luttes
de pouvoirs entre direction et surveillants, à un suspense haletant
pour celui qui prépare sa fuite ? La prévisibilité fait dont
forcément partie du jeu, même si les auteurs ont su utiliser leur
génie créatif pour transcender la plupart des poncifs. Les
personnages, au premier rang desquels un exceptionnel Wentworth
Miller, sont particulièrement charismatiques. Une mention
particulière pour le co-détenu Fernando Sucre (Amaury Nolasco),
émouvant à souhait. Cela dit, les enjeux sont réduits, dans le cas
présent, à la destinée de deux ou trois individus (c'est aussi le cas
du "Fugitif", ou de "Meurtre
en suspens"), et semblent, de ce fait, parfois dérisoires, lorsqu'on les
compare à l'ampleur dramatique universelle qui baigne en
permanence "24 Heures".
Les différents réalisateurs, Brett Ratner ("X-Men
3"), Kevin Hooks ("Passager 57"), Dwight H.Little
("Désigné pour mourir"),
affichent des conceptions totalement en harmonie avec la recherche
d'efficacité permanente que nécessite le genre : montage rapide,
profils psychologiques taillés avec habileté, tension maximale. Dans ce domaine, la réussite
est complète... D'autant plus que manipulations, chantages, dangers,
surprises, affichent un crescendo qui finit par devenir tétanisant.
Une mention tout à fait subjective sur la version
française du générique :"pas le choix, faut y aller",
"on fait des plans pour s'en sortir"... Affligeant de pauvreté...