John
(Matthew Settle), professeur d'histoire, est mis en disponibilité.
C'est le moment où il retrouve Charleen (Robyn Cohen), une amie qu'il
n'avait pas vue depuis quelque temps. Elle est sur le point de se
rendre dans un lieu isolé du Pérou, où auraient été découverts les huit
premiers manuscrits d'une prophétie. Intrigué, il se rend de son côté à
Lima, afin de prendre contact avec le Frère Jose (Castulo Guerra). Mail
il se rend bien vite compte que la police, conduite par un nommé Jensen
(Jürgen Prochnow), menace tous ceux qui s'intéressent au mystère.
Obligé de fuir, John fait la connaissance de Wil (Thomas Kretschmann),
qui l'emmène dans l'intérieur du pays vers ceux qui étudient la
Prophétie...
Le film est directement inspiré du livre de James
Redfield, qui a d'ailleurs participé à l'écriture du scénario.
Pour tous ceux qui connaissent (et apprécient) l'ouvrage, il paraît
évident que sa mise en images ne s'apparente pas à une sinécure. Tout
au moins pour obtenir une création artistique et spirituelle digne de
ce nom. En effet, si le récit de l'auteur comporte quelques aventures,
d'ailleurs peu nombreuses et répétitives, il est manifeste qu'elles ne
sont pas là pour elles-mêmes, mais afin de générer un liant minimal
entre la découverte des prophéties, leur analyse, et leurs
implications sur les rapports humains futurs, domaines qui, eux, ne
sont guère "cinématographiques". De fait, la transcription
visuelle n'apporte aucune surprise, restant d'un
classicisme à toute épreuve. Les paysages sont beaux, les héros
(Matthew Settle, Sarah Wayne Callies) sont beaux et craquants, les
idéaux véhiculés par les prophéties sont beaux et positifs... Il est
plus que probable que les sceptiques ou les athées se gausseront des
étapes de ce jeu de piste métaphysique, qui leur apparaîtra comme une
suite de nunucheries ou du mysticisme de bazar, avec ses halos colorés,
ses auras flamboyantes, et ses attitudes extatiques. D'autant plus que
les "expériences" des protagonistes sont transcrites de manière assez
simpliste.
En revanche, pour ceux qui sauront passer outre la forme
contestable et/ou ceux qui ont déjà ouvert la porte des perceptions
"spirituelles", il n'est pas impossible que, ponctuellement, la corde
de l'amour inconditionnel vibre. Cela dit, le film, infiniment
moins riche que le livre, est à réserver aux personnes qui n'ont pas le
courage d'entrer dans le texte, ou qui ont simplement la curiosité de
voir ce que peut donner sur grand écran cette quête mystique. Etait-il
possible d'adapter l'ouvrage de manière plus inspirée ? Sans
doute. Mais il aurait été nécessaire d'avoir à la tête de la création
des réalisateurs du style Michel Gondry ("Eternal sunshine of the spotless mind") ou encore Darren Aronofsky ("The Fountain").
En l'état, l'oeuvre se contente d'être une aventure basique qui permet
de réfléchir sur le contenu des "prophéties", détaillées à la fin du
film, et d'espérer proche le temps où l'humanité vibrera aux valeurs
prônées pas elles.