James
Bond (Daniel Craig) espère obtenir des informations d'un certain White
(Jesper Christensen), qu'il a réussi à kidnapper. Mais, grâce à des
complicités au sein même des services secrets, l'homme s'enfuit. A Port
au Prince, Bond s'intéresse à un mystérieux écologiste, Dominic Greene
(Mathieu Amalric), qui envisage de s'approprier une portion de désert
bolivien...
Une vingt-deuxième aventure (23ème, si l'on compte le film "non officiel" "Jamais plus jamais")
pour l'espion de Sa Majesté. Daniel Craig n'en est qu'à sa seconde
prestation, et la forme physique se révèle tout à fait convaincante. Il
saute, court, mitraille, pilote bolides de course ou avions, avec une
maestria évidente. Côté mâchoires, en revanche, c'est beaucoup plus
limité question mouvements. Manifestement verrouillé à l'extrême, son
visage parvient juste à esquisser un demi sourire en 100 minutes de
film. Autant dire que nous sommes très loin du Bond charmeur, affable
et courtois façon Roger Moore. Cette évolution n'aurait rien en soi de
regrettable, si nous était offert un scénario digne de ce nom. Or, non
seulement l'histoire ne présente quasiment aucun intérêt, aucun enjeu
accrocheur, mais encore le méchant de service, sur lequel repose en
principe la responsabilité de faire frémir le spectateur, se montre
totalement transparent, aussi menaçant qu'un unijambiste dans un combat
de catch ! Lorsque l'on prend conscience que c'est Paul Haggis,
l'éminent scénariste, qui est l'un des auteurs de cette mouture
fadasse, et que c'est Marc Forster, le réalisateur du magnifique "A l'ombre de la haine"
qui est aux commandes, les bras nous en tombent ! Oh, bien sûr, il y a
les courses poursuites, à pied, en voiture, en bateau, en avion, les
fusillades, les visites touristiques (Haiti, Autriche, Italie,
Bolivie...), mais rien n'y fait. Sans âme, sans enjeu dramatique
majeur, sans criminel d'anthologie, sans émotion, sans mystère, ce Bond
est un des moins intéressants depuis belle lurette ! Ne serait-il pas
temps de s'arrêter ?...
Un tout petit 3 étoiles.
Film sur
IMDB