La
jeune Kim (Anne Hathaway) quitte pour quelques jours l'institut dans
lequel elle suit une cure de désintoxication pour se rendre au mariage
de sa soeur Rachel (Rosemarie DeWitt), qui épouse Sydney (Tunde
Adebimpe). L'arrivée est placée sous le signe des orages, car Kim,
responsable plusieurs années auparavant d'un drame familial, se sent
difficilement acceptée par les différents membres de la famille...
Le moins que l'on puisse dire est que, depuis le génial, glaçant "Silence des agneaux" et, à la rigueur, "Philadelphia",
Jonathan Demme n'a pas donné naissance à une oeuvre hautement
mémorable. Dans le cas présent, l'histoire démarre dans l'acidité et
semble promettre une suite de confrontations houleuses. Anne
Hathaway, nominée avec justice aux Oscars, se montre époustouflante de
naturel, tant dans la détresse psychologique profonde que dans ses
tentatives émouvantes de regagner dans le coeur de ses proches la place
qu'elle estime avoir perdue. Son attitude rebelle, virulente,
agressive, parfois submergée par des vagues de déchirement nous vaut un
petit nombre de séquences poignantes. Malheureusement la scénariste
semble avoir épuisé toutes ses cartouches dans une première moitié
dramatiquement majuscule, car la suite sombre inéluctablement dans le
conformiste et le traditionnel, au point que l'ennui
submerge le spectateur au cours de cette interminable
séance de mariage et de festivités, dont les images creuses
semblent tout droit sorties du camescope amateur d'un invité. Un petit
nombre de scènes longuettes, voire superflues, avait déjà fait son
apparition au cours de la première heure. Mais l'intensité dramatique
possédait suffisamment de puissance émotionnelle pour donner à ces
passages le visage d'oasis de calme bienvenues. Au cours de la dernière
demi-heure ce n'est plus le cas, le drame s'est éclipsé, Kim se fond
dans la masse festive, et la superficialité de toutes ces scènes de
chants, de danses, de musiques, éclate désagréablement.
Une oeuvre qui s'annonçait une réussite saisissante, et sombre hélas dans l'insignifiant.
Bernard
Sellier