Rose (Marilyn Chambers), (curieusement appelée Laure dans la
version française !), est victime, avec son compagnon Hart (Alex dans
la VF !)(Frank Moore) d'un accident de moto. Plus grièvement blessée
que lui, elle est opérée par le docteur Dan Keloid (Howard
Ryshpan) et subit quelques greffes. Au bout d'un mois, elle est
toujours dans un semi coma. Mais le jour où elle s'éveille, en
pleine nuit, elle attaque un pensionnaire de la clinique et le mord
violemment. Il meurt peu après. Quelques heures plus tard, c'est le
médecin lui-même qui subit une attaque...
Tous les ingrédients et processus déjà développés dans "Frissons"
deux ans plus tôt, se retrouvent ici. On pourrait même croire,
dans un premier temps, qu'il s'agit d'un décalque pur et simple, la
seule différence résidant dans le type de contamination et le
décor. Processus semblable : un personnage A contracte le mal, le
transmet à B qui lui-même contamine C tandis que, de son côté, A,
de plus en plus agressif, répand tous azimuts sa pathologie. Ayant
sans doute eu à sa disposition davantage de moyens, le réalisateur
passe du stade microcosme dans un immeuble, à l'épidémie au niveau
d'une ville, en l'occurrence Montréal. Ce déplacement à un niveau
supérieur nous vaut d'ailleurs quelques scènes assez marquantes,
tels ces flots de camions à ordures récoltant en masse les cadavres
morts "naturellement" ou abattus froidement par l'armée. Si
la causalité des événements est ici presque totalement occultée,
une certaine évolution s'annonce en ce qui concerne la psychologie du
personnage principal. La prééminence absolue de l'aspect matériel
basiquement horrifique de "Frissons"
évolue ici vers un affinement comportemental mettant à jour des
poussées de souffrance causées par l'état morbide, qui annoncent la
dualité permanente tragique que vit Johnny Smith dans le futur "Dead
Zone". Malheureusement, le dénouement choisi laisse
perplexe. Il se montre intelligemment amené sur le plan
psychologique, mais en contradiction avec la logique des événements
antérieurs.