John Rambo (Sylvester Stallone), ancien Béret
vert au Vietnam, arrive dans une petite ville de l'Amérique profonde.
Il souhaite rendre visite à Delmar, un de ses anciens compagnons
d'armes. Mais il apprend que celui-ci est mort six mois plut tôt, d'un
cancer. Le Shérif local, Will Teasle (Brian Dennehy) ordonne à Rambo de
quitter la ville. Devant son refus, il l'incarcère. Malmené par Arthur
Galt (Jack Starrett), il s'enfuit. Poursuivi dans la forêt proche, il
essuie le feu des policiers locaux, mais parvient à se débarrasser de
ses poursuivants. Toutes les forces de police de la région sont mises à
contribution, malgré l'avertissement du Colonel Samuel Trautman
(Richard Crenna), formateur de Rambo, qui connaît ses capacités de
combattant...
Film mythique qui a inauguré la figure extravagante d'un Stallone
surhomme capable de défaire une armée à lui tout seul, ce premier
épisode n'a rien de commun avec les deux suite aussi ridicules que
sanglantes qui lui seront données par George P. Cosmatos et Peter
MacDonald. Si l'on parvient à faire abstraction de cette figure
boursouflée (au propre comme au figuré, car, ici, Stallone est d'une
minceur exemplaire), qui collera à sa peau d'acteur par la suite, il
est difficile de ne pas se passionner pour cette chasse à l'homme
inversée qui nous est offerte ici. Infiniment plus envoûtante que le
médiocre "Traqué", que
William Friedkin nous a proposé voici trois ans !
Le propos est bien sûr passablement manichéen. Le malheureux Rambo,
traumatisé par les souffrances endurées pendant son séjour en
extrême-Orient, ne demande qu'à vivre en paix. Mais, sur sa route, se
dresse un petit (façon de parler) shérif local, bien décidé à devenir
le héros de sa ville. Brian Dennehy, à l'embonpoint d'ordinaire
sympathique ("F/X, effets de
choc"), se montre ici aussi borné qu'obsédé par l'idée de
terrasser le parasite qui a pollué son environnement. Sourd aux
conseils du Colonel Trautman, il va donc affronter le McGyver de la
défense agressive, un expert dans tous les domaines de la survie et du
combat (ainsi d'ailleurs que dans la couture, puisqu'il reprise
lui-même sa peau entaillée !). C'est le combat de David contre Goliath.
Utilisant avec talent les décors sauvages grandioses, le réalisateur
construit une poursuite haletante, riche en moments forts, et le
déballage final d'un Rambo en pleurs, loin d'être ridicule, se révèle
assez poignant.