La fin
des années 70. En différents points du globe, divers
événements stupéfiants surviennent : on retrouve dans le désert de
Sonora les avions en état de marche de l'escadrille 19, basée à Fort
Lauderdale, disparue en 1945 ; en Mongolie, dans le désert de Gobi,
apparaît un jour la gigantesque épave du navire Cotopaxi ; à
Dharamsala, en Inde, cinq sons mystérieux sont entendus ; le centre de
contrôle aérien d'Indianapolis enregistre d'étranges phénomènes...
Plusieurs savants, dont le français Claude Lacombe (François Truffaut)
enquêtent sur ces mystères. Pendant ce temps, diverses personnes voient
leurs vies chamboulées : le petit Barry Guiler (Cary Guffey), âgé de 5
ans, échappe à la vigilance de sa mère et disparaît. Roy Neary (Richard
Dreyfuss), est témoin du passage d'un OVNI et devient obsédé par la
construction d'une forme étrange, au point de mettre sa vie de famille
en péril...
Voilà le type même de film que l'on voudrait aimer passionnément. Parce
que l'on y retrouve la magie que Spielberg sait si merveilleusement
insuffler à certaines de ses créations ; parce que sa vision de la vie
extraterrestre, proche de celle que James Cameron illustrera dans son
superbe "Abyss", à l'antipode des cauchemars délirants de
Roland Emmerich dans "Independance day", est intelligente, bienveillante et,
souhaitons-le de tout coeur, conforme à ce qui pourrait être dans un
avenir prochain ; parce que le final de cette aventure est irradiant de
beauté et d'humanisme sain.
Mais tout n'est pas, hélas, de la même veine. Il est indispensable,
avant cette conclusion enchanteresse, à l'esthétique proche de
certaines sculptures contemporaines, de subir une dose de
remplissages qui ne sont pas toujours, à mon goût, du meilleur cru. Les
avatars des témoins, certaines scènes dont l'excès lorgne grossièrement
vers les outrances des "Poltergeist" et autres films de hantise, la
folie de Roy qui tire un peu en longueur, le secret symbolique des cinq
notes qui manque tout de même singulièrement de matière captivante (le
mystère des feuillets de "Contact" est pour moi autrement plus passionnant
!), et, avouons-le, des acteurs qui ne me semblent pas insuffler à
l'oeuvre un surcroît de fascination. Richard Dreyfuss, excellent dans
les comédies du type "Quoi de
neuf Bob", n'est pas le plus charismatique qui soit, et
l'idée d'avoir introduit François Truffaut ne me paraît pas la
meilleure qu'ait eue Spielberg, d'autant plus que le ton monocorde du
réalisateur français semble bien artificiel et décalé.
Bien sûr, l'ensemble demeure un modèle de ce qui peut être une
conception ludique et clairvoyante de la science-fiction.
L'interconnexion du quotidien banal de gens ordinaires et d'une
situation extraordinaire qui les phagocyte, est exposée avec
spontanéité et naturel. Mais ce film n'est pas, pour moi, le
chef-d'oeuvre absolu que certains encensent.