Retour à Cold Mountain, film de Anthony Minghella

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" Retour à Cold Mountain ",

( Cold  Mountain ),      2003,

de : Anthony  Minghella, 

avec : Jude Law, Nicole Kidman, Renée Zellweger, Natalie Portman, Philip Seymour Hoffman, Brendan Gleeson, Donald Sutherland, 

Musique : Gabriel  Yared,  Sting...

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    1864. La guerre de Sécession fait rage. Le siège de Petersbourg, en Virginie, est un massacre. Blessé grièvement, W.P. Inman (Jude Law) revoit les trois ans qui ont précédé cette journée. L'arrivée à Cold Mountain du révérend Monroe (Donald Sutherland) qui a quitté Charleston pour raisons de santé en compagnie de sa fille, la ravissante Ada (Nicole Kidman). Inman est subjugué par elle, mais se montre incapable d'exprimer ses sentiments. Lorsqu'un semblant d'idylle débute, il est appelé sous les drapeaux de la Confédération... Remis de ses blessures, il décide de déserter et de retrouver celle qu'il aime. Mais le chemin est bien long et les embûches bien nombreuses... Pendant ce temps, Ada a perdu son père et éprouve beaucoup de difficultés à survivre. Un jour, son amie Maddy (Eileen Atkins) lui envoie une jeune femme débrouillarde et travailleuse, Ruby Thewes (Renée Zellweger). Elles deviennent amies...

    Après un brûlant et merveilleux "Patient anglais", Anthony Minghella replonge dans une saga d'amours contrariées sur fond de guerre. On retrouve dans cette vaste fresque violente et désabusée, beaucoup de thèmes déjà explorés dans son précédent film : l'importance de l'écrit, la souffrance que génère l'absence, le poids du destin, pour ne pas dire de la prédestination, la difficulté d'exprimer le ressenti profond, ainsi qu'un procédé analogue : le mélange intime de séquences actuelles et de flash back nostalgiques. Inman est le pendant américain du comte Almasy (Ralph Fiennes). Même violence interne, même désespérance profonde, même tempérament taciturne. L'incarnation de ce personnage quasiment autiste, tout au moins dans la première partie de son épopée, par un Jude Law à la fois intense et réservé, rappelle également beaucoup celle de l'inoubliable Ralph Fiennes. 

    Pourtant le résultat diffère sensiblement. Je n'ai pas retrouvé dans cette oeuvre, assurément riche de qualités événementielles, émotionnelles et narratives, la magie miraculeuse du "Patient anglais". Le réalisateur privilégie ici le prosaïsme, le drame terrestre, la souffrance ordinaire d'une période abominable, avec ses batailles, ses milices sauvages et criminelles. L'histoire de Katharine Clifton et de Lazlo Almasy se déroulait également sur un fond analogue, aussi tourmenté. Mais le traitement différait. Une sorte de mysticisme, de temps suspendu, parfois quasiment à la limite de la méditation, enveloppait la tragédie et la transfigurait. Quelques scènes de beauté pure, d'harmonie céleste (la grotte et ses peintures primitives, Hana découvrant les fresques de l'église, le comte emportant le corps de son amante dans un silence éthéré) suffisaient à élever le drame sur un plan émotionnel supérieur. Le spectateur quittait la terre pour un voyage dans un monde à la limite de l'inconnaissable. Ici, l'optique est différente. Nous sommes plongés durant deux heures et demie dans une suite de souffrances, de tueries, de désespoirs, mais sans quitter un quotidien terrible et pitoyable. Seule une courte séquence, la plus belle du film, à mon sens, retrouve un reflet de la magie profonde qui nimbait le "Patient anglais" : la rencontre de Sara (Nathalie Portman), jeune veuve dont le mari a été tué avant même d'avoir pu connaître son enfant, qui implore Inman de s'allonger près d'elle, est déchirante de pudeur et de sincérité.

    Ralph Fiennes véhiculait, au-delà de son masque impassible et fermé, une dimension tragique quasiment supra-humaine. Jude Law, pourtant investi intensément dans son personnage perdu dans une souffrance qui dépasse ses capacités d'endurance et sa conception de la vie,  ne procure jamais cette impression. Le personnage de Nicole Kidman, assurément vraisemblable et convaincant, ne se départit jamais d'une distance répulsive qui glace l'émotion, et l'irruption de la tourmente Ruby, assurément gonflée de vie rebelle et d'énergie contestataire, contribue à tirer encore vers le bas la dynamique émotionnelle générale de l'oeuvre. 

    Dans "Le Patient anglais", Minghella semblait fondre avec son personnage principal dans le délire total de l'amour fou et il réussissait le pari insensé de nous y entraîner avec lui, grâce à l'osmose incomparable de trois facteurs clés : la passion elle-même, le jeu des protagonistes et une musique divinement inspirée. Dans "Retour à Cold Mountain", le réalisateur donne l'impression d'une réticence à s'impliquer totalement dans l'histoire de ces deux amoureux quasiment étrangers l'un à l'autre. Ce qui était une fusion intensément charnelle chez Almasy devient ici une sorte de rêve éthéré, abstrait, à la limite de l'imagination. Les retrouvailles des deux jeunes gens sont à ce titre exemplaires. Et l'ensemble est constamment partagé entre ces deux opposés, chaleur et froid, qui ne se rencontrent pratiquement jamais.

    Entendons-nous bien, cette fresque est conduite avec dignité et noblesse. Elle est de plus magnifiquement interprétée et réserve de bien beaux et de bien terribles moments. Simplement, elle ne tutoie pas, à mon sens, la grandeur altière de l'œuvre qui l'a précédée.

Film sur IMDB

Bernard  Sellier               

 

 

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