Han Solo (Harrison Ford),
congelé par Darth Vader (David Prowse), a été remis à l'ignoble Jabba
le Hutt, dont il était le débiteur. Luke Skywalker (Mark Hamill) arrive
pour négocier la libération de son ami, ainsi que celle de Leia (Carrie
Fisher), également prisonnière. Tous parviennent à s'échapper. Tandis
que Luke se rend auprès de Yoda, proche de la mort, Solo, Leia et leur
ami Lando Calrissian (Billy Dee Williams) préparent une attaque en vue
de détruire la nouvelle "étoile de la mort" dont l'Empereur (Ian
McDiarmid) lui-même supervise les derniers préparatifs...
Ce dernier volet est assez déconcertant. Après un épisode IV "La guerre des étoiles" qui tenait lieu
d'exposition, après un épisode V "L'Empire contre attaque", qui entrait véritablement
dans le cœur du drame familial et surtout spirituel, celui-ci laisse
une étrange sensation de vide. Un vide certes agréable, bourré de
personnages originaux, de monstres repoussants, de nounours
sympathiques, de décors qui font parfois penser à Indiana Jones, de
combats homériques à la "David contre Goliath". Mais tout de même, plus
de deux heures de spectacle pour quelques minutes de face à face entre
les représentants du côté obscur et le Jedi, porte flambeau de la
Force, c'est quelque peu désarmant ! Sans compter que la base du
scénario est calquée sur celle du premier volet, à savoir la
construction d'une nouvelle étoile de la Mort. Ce qui induit que le
dénouement sera, lui aussi, la copie quasiment conforme de son
prédécesseur. Tout cela n'est pas d'une folle originalité. On se
retrouve dans la situation du second opus du "Seigneur des anneaux", "Les deux tours", dans lequel certaines
digressions tiraient en longueur (les passages avec Sylvebarbe).
Heureusement, la suite (et fin), "Le retour du Roi", retrouvait le souffle
épique et la tension tragique indispensables à une conclusion
grandiose. Ici, les trente premières minutes, consacrées à Jabba le
Hutt, regorgent de pittoresque et de truculence, mais on ne peut pas
dire qu'il y ait grand rapport avec le fond du drame. Les pelucheux
Ewooks que découvrent Leia et Solo sont attachants, rigolos, mais, là
encore, les longues péripéties qui leur sont consacrées affaiblissent
la tension que devrait générer la proximité de la confrontation
bien-mal. Le réalisateur insuffle beaucoup de vie, de mouvement,
d'humour, fait joujou avec les bipèdes mitrailleurs, de petits scooters
volants... Bref, c'est une aventure globalement plaisante, mais, en
tant que conclusion de cette grande saga aventureuse et spirituelle
qu'est "Star wars", c'est tout de même frustrant !