Tandis
que, sous la conduite du mystérieux Sméagol (Andy Serkis), Frodon
(Elijah Wood) et Sam (Sean Astin) poursuivent leur long périple vers la
montagne du Mordor afin d'y détruire définitivement l'anneau, les
forces noires de Sauron s'apprêtent à attaquer la ville de Minastirit.
Celle-ci, en l'absence de Roi, est dirigée par le gardien du trône,
Denethor (John Noble). Aragorn (Viggo Mortensen), Gandalf (Ian Mc
Kellen), Legolas (Orlando Bloom) et le nain Gimli (John Rhys Davies)
tentent de lever des troupes afin d'éviter l'anéantissement de la cité.
Mais Denethor, déjà ébranlé par la mort de l'un de ses fils, Boromir,
perd la raison...
Après un premier épisode magistral "La communauté de l'anneau"), passionnant, équilibré,
avait suivi un second ("Les deux tours"), qui s'engageait dans des
digressions parfois longuettes et des personnages pas forcément
toujours enthousiasmants (sauf, bien sûr, pour les fans à 1000% de
Tolkien, dont je ne suis pas...). Dans ce troisième et dernier volet,
nous avons droit à un couronnement (dans tous les sens du terme)
impérial.
Le récit se recentre sur les personnages majeurs et l'action se
focalise sur la quintessence du sujet, à savoir la lutte du bien contre
le mal. Les batailles sont dantesques, les décors fabuleux, le rythme
parfaitement soutenu, savamment dosé par une judicieuse alternance de
scènes fortes et de séquences intimistes, l'émotion est présente dans
tous les secteurs de l'histoire... Bref, on retrouve les qualités du
premier épisode intensifiées et magnifiées par des moyens colossaux et
un sens de l'épique transcendant. Au milieu de ces visions
apocalyptiques, de ces combats délirants (la charge des mammouths
géants est un grand moment), les personnages ne sont jamais écrasés par
la machinerie et leur personnalité ne passe jamais au second plan. Les
images féeriques, les instants poétiques, parviennent à
trouver leur place au milieu de la fureur ambiante. Sam devient un
acteur à part entière de la mission des Hobbits et son évolution
psychologique apporte un sang nouveau à la quête de Frodon qui, sans
elle, aurait pu devenir quelque peu répétitive. Le seul (infime) regret
que j'éprouve, réside dans la linéarité constante des tempéraments :
les bons sont toujours bons, les mauvais irrémédiablement mauvais. De
ce côté là, pas de surprise façon "Guerre des étoiles"... Mais c'est là
chipoter pour bien peu de chose !
Peter Jackson a su raconter de manière envoûtante cette mythique et
complexe aventure, nous faire vibrer à chaque instant pour ces
personnages qui vont jusqu'au bout de leurs forces intérieures et
physiques, nous immerger dans la réalité d'un monde imaginaire qui fait
se côtoyer des abîmes infernaux et des tableaux d'une splendeur
fascinante (la ville blanche de Minastirit), donner de l'importance et
de la beauté à chaque scène, aussi courte soit-elle (témoin le superbe
décor final pour le départ de Frodon qui ne dure que quelques
secondes)... Bref, c'est incontestablement une réussite esthétique et
narrative qui marquera l'histoire du cinéma. Et quelle
musique...
N.B. Le commentaire
ci-dessus concerne la version "courte".