A la fin du second épisode,
la De Loréane de Doc (Christopher Lloyd) était accidentellement frappée
par la foudre, envoyant son conducteur en 1885 ! Marty Mc Fly (Michael
J. Fox) recevait une lettre de son ami, lui ordonnant de ne pas revenir
le chercher. Il menait la vie paisible d'un maréchal ferrand dans
l'ouest. Mais le jeune homme se trouve par hasard devant une tombe qui
porte le nom de Doc et la date du décès : quelques jours après celle de
la lettre ! Marty n'hésite pas une seconde ! Il retrouve la voiture qui
attend cachée dans une grotte depuis un siècle et se propulse en 1885.
Malheureusement le réservoir d'essence est percé et les deux amis se
retrouvent coincés au dix-neuvième siècle...
Changement de ton avec ce dernier volet de la trilogie, même si le fond
demeure égal à lui-même, avec ses amusants paradoxes temporels et ses
délires visuels. Le rythme passablement agité qui prévalait jusqu'ici
laisse la place à une intrigue plus paisible, qui ouvre même la porte à
une improbable idylle entre le vieux Doc et la jeune institutrice Clara
(Mary Steenburgen). Quelques instants de poésie en contemplant les
cratères lunaires ne peuvent faire aucun mal au milieu du vacarme de la
De Loréane ! Ce changement n'est pas un mauvais choix dans la mesure où
il évite un essoufflement de cette course folle à travers le temps. En
effet, même si l'ancêtre du gros Biff, "Molosse" Tannen, plus abruti
que jamais, et sa bande de demeurés font agréablement penser aux
Dalton, même si l'humour pointe son nez de temps en temps dans les
références ironiques au western ( Marty se fait appeler Clint Eastwood
tout au long de son séjour ), on pourrait redouter une émergence, même
minime, d'ennui. Heureusement un final sur les chapeaux de roues (de
chemin de fer !) vient clore en fanfare cette fin des expériences multi
temporelles de Mc Fly.
On ne peut en tous cas que féliciter Robert Zemeckis d'avoir su créer
une trilogie dont toutes les composantes sont équilibrées,
passionnantes, matière à réflexion (pourquoi pas !) et très souvent
hilarantes. Ce n'est pas si fréquent lorsqu'on assiste à la
déliquescence de certaines suites ( "Rambo 2", "Taxi 2", par exemple).