La guerre a commencé. Les
forces de la République, commandées par le Général Obi-Wan Kenobi (Ewan
McGregor), s'opposent aux légions de droïdes du Comte Dooku
(Christopher Lee) et du Général Grievous, tous deux sous l'égide du
mystérieux Dark Sidious. Aidé de son élève Anakin (Hayden Christensen),
Obi-Wan parvient à libérer le Sénateur Palpatine (Ian McDiarmid), qui
avait été enlevé par les rebelles. Au cours de l'affrontement, le comte
Dooku est tué, mais Grievous parvient à s'enfuir. Anakin retrouve avec
joie Padme (Natalie Portman), devenue, en secret sa femme. Une grande
nouvelle l'attend : la jeune femme est enceinte, ce qui ne va pas sans
leur causer de grandes inquiétudes, lorsque la vérité sera révélée.
Palpatine offre à Skywalker de devenir Sénateur. La satisfaction du
jeune apprenti Jedi est cependant fortement tempérée, lorsque Obi-Wan
et Windu (Samuel L.Jackson) lui refusent le titre de Maître...
La réussite de ce troisième épisode pouvait se révéler un exercice
extrêmement périlleux. D'une part, en raison de la connaissance du
dénouement, qui risquait de saper une grande partie du suspense
dramatique. D'autre part, en raison de l'intérêt assez relatif des deux
premières parties, surtout la première, "La
menace fantôme", à la portée justement très... fantomatique !
Heureusement, les prémisses positives affichées dans "L'attaque des clones" se
confirment ici. Certes, il est toujours possible de regretter une
overdose de combats à l'intérêt discutable, (sauf pour les aficionados,
bien sûr), ainsi qu' un double duel final qui semble interminable.
Mais, dans le cas présent, il est aisé de faire abstraction de ces
penchants artificiels, grâce à l'habileté d'un scénario qui cerne le
retournement programmé d'Anakin avec une vraisemblance psychologique
incontestable et une évolution dramatique dont la magie ne s'émousse
jamais. Le fondement est toujours réduit à son strict minimum : la
lutte des partisans du "bien" contre ceux du "côté obscur". En
revanche, la trame de l'histoire joue avec subtilité de cet
antagonisme, approfondissant la psychologie des principaux
protagonistes, éclairant avec acuité les doutes qui assaillent le jeune
apprenti. Mêlés aux désirs inconscients, aux aiguillons de l'orgueil,
aux délires d'une quête de l'immortalité et à un amour (prétexte)
absolu pour Padme, ces flottements vont conduire inéluctablement vers
le choix de la puissance à tout prix. Tout cela n'est qu'une
illustration moderne de l'éternelle Initiation des Adeptes, décrite
avec minutie dans les ouvrages d'Alice Bailey, transmettrice des
enseignements du Maître Tibétain Dwal Khoul. Dans un tout autre
traitement, c'est aussi le sujet de l'aventure symbolique que l'on
trouve à la fin du premier tome de "L'Initié".
Grâce à ce troisième épisode, esthétiquement fascinant, le spectateur
retrouve, enfin, presque intacte, la magie découverte, il y a 23 ans,
dans l'épisode IV : "La
guerre des Etoiles" et, surtout, dans sa suite, "L'empire contre attaque"...